Les motards espagnols, rois du Dakar

Romain Baheux

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Le motard espagnol Marc Coma sur la huitième étape du Dakar le 13 janvier 2014.
Le motard espagnol Marc Coma sur la huitième étape du Dakar le 13 janvier 2014. — JORGE BERNAL / AFP

De notre envoyé spécial à El Salvador (Chili),

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L’affirmer de la sorte pourrait réveiller de vieilles querelles mais tant pis. Depuis le départ du Dakar, les motards espagnols sont comme chez eux en Amérique du Sud. A deux étapes du terme du rallye-raid, ils occupent ainsi les trois premières places du classement général, dominé par le triple vainqueur Marc Coma. Une domination ibérique inédite mais pas surprenante à en croire leurs rivaux. «Depuis que j’ai commencé ce sport, je vois des Espagnols dans toutes les courses, souligne le motard français Michael Metge. Ils sont présents un peu partout dans ce sport, il suffit de regarder le Moto GP [les deux derniers champions du monde sont espagnols].»
 
Un terrain plus adapté
 
Jordi Viladoms, Joan Barreda et Marc Coma exportent ainsi un savoir-faire maison sur les pistes sud-américaines. «On a tous plus ou moins connu le même parcours avant d’arriver sur le Dakar en passant par l’enduro et le moto-cross», souligne Viladoms. La péninsule ibérique bénéficie en effetd’une culture des sports mécaniques plus importante qu’en France et d’un relief adapté. «Pour s’entraîner en France, c’est plus compliqué, l’Espagne s’y prête mieux, souligne Michael Metge. Avec Cyril Despres, on passe la frontière pour aller à Saragosse, où il y a des zones désertiques.» «C’est plus facile que dans d’autres pays, avance Marta Garcia, journaliste à Catalunya Radio. Et s’il faut, ils peuvent pousser jusqu’au Maroc pour aller s’entraîner.»
 
Une domination forte mais qui pourrait être encore pire pour le contingent français, affaibli par les difficultés du tenant du titre, Cyril Despres. La crise économique a davantage impacté l’Espagne que l’Hexagone et restreint les budgets des équipes. «Joan Pedrero a fini cinquième en 2013 mais n’a pas pu retrouver une grosse écurie pour être ambitieux cette année, souligne Marta Garcia. Avec davantage d’argent, il y aurait encore plus de motards espagnols aux premières positions.» Comme chez eux, on vous dit.