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«Les mêmes sensations au rugby et en voile»

«Les mêmes sensations au rugby et en voile»

Jean Glavany, 57 ans, député PS des Hautes-Pyrénées, aime le «sport qui se pratique en bande»
©2006 20 minutes

©2006 20 minutes

Comment le sport est-il entré dans votre vie ?

Mes parents et mes grands-parents n'étaient pas fondamentalement sportifs. Enfants, notre culture, c'était plus le scoutisme laïque, l'exercice en plein air. Je me suis mis au sport par opportunité. Au rugby parce qu'il y avait une section au lycée, à la voile parce que je passais toutes mes vacances en Bretagne.

Ces deux disciplines sont devenues deux vraies passions...

J'ai participé à la création de l'association sportive de la fac de Nanterre, en 1968 ! C'était un peu anachronique. Notre équipe de rugby s'est vite hissée en championnat de France.

A quel poste évoluiez-vous ?

Il nous manquait un talonneur, alors je me suis dévoué. Et comme au premier match, j'ai piqué tous les ballons, les autres n'ont plus jamais voulu me retirer de ce poste.

Quelles sensations vous reste-t-il de cette période ?

Le rugby et la voile, c'est un peu les mêmes sensations. Prendre du gros temps en mer ou plaquer un mec qui fait 30 kg de plus que vous, ça se ressemble. C'est l'alliance du courage physique et d'une certaine solidarité d'équipe. Et puis ce sont des sports festifs. Entre une troisième mi-temps de rugby et une escale, il y a pas mal de points communs.

En voile, faisiez-vous également de la compétition ?

Assez peu. Mais je passe toujours mes vacances sur l'eau. A 16-17 ans, on a acheté à plusieurs un vieux bateau en bois qu'on a retapé en faisant des baby-sittings. Pour moi, la voile c'est d'abord une jouissance, le plaisir d'être en mer. Un plaisir pas toujours compatible avec la course. Au gré des propositions, j'ai quand même couru le Fastnet, Cowes-Dinard, et quelques autres épreuves.

Et vous avez fait aussi quelques milles avec Olivier de Kersauzon ?

Il m'a souvent invité à bord de Géronimo. Il y a quelques années, j'ai fait une tentative de record autour des îles britanniques. Je me souviens d'une nuit, le long des côtes irlandaises, j'étais à la barre et je trouvais que le bateau vibrait plus que d'habitude. Tout à coup, je me suis aperçu qu'on était à 35 noeuds ! Mes mains sont devenues moites.

Il y a quelques années, vous avez travaillé sur le dossier Coupe de l'America...

J'ai présidé le Comité français pour la Coupe de l'America. L'idée, c'était de mettre au service de ceux qui voulaient défendre les chances françaises des moyens publics ou semi-publics. Notamment en termes de technologie. C'est quand même frustrant : on a les meilleurs marins du monde, la première industrie nautique, on a les architectes qu'il faut, les grandes courses sont souvent franco-françaises, mais on n'arrive pas à faire prendre la sauce.

On a fait appel à vous pour l'organisation des jeux d'Albertville... Etre ministre des Sports, cela vous tenterait-il ?

Jamais de la vie. Pour moi, le sport est avant tout un besoin corporel et vital. Je n'ai pas envie que cela devienne un travail, une contrainte. Et puis le sport m'intéresse que si je le pratique en bande. Même en tant que spectateur. Par exemple, je vais toujours voir le XV de France avec mes copains de fac. Comme on n'a pas trouvé de restaurant vers le Stade de France, on loue une péniche et on y casse la croûte entre Paris et Saint-Denis. Chacun ramène un fromage, un foie gras... On a lancé une mode. Maintenant, tous les sponsors font la même chose.

Recueilli par Grégory Magne (Kaora Press)

1965 « Cette année-là, j'ai vu un France-Galles en rugby, avec les frères Boniface. Un spectacle bouleversant de beauté. » 1973 « Nous sommes champions de l'académie avec l'équipe de rugby de Nanterre. Notre premier titre. » années 1980 « Depuis cette période, j'ai dû voir toutes les finales de 100 m olympique dans les tribunes. Le simple fait d'en parler, de repenser à ce spectacle, me met les larmes aux yeux. »