Djibril Cissé: «Je suis prêt à faire un sacrifice sur mon salaire pour revenir en L1»

INTERVIEW L’attaquant du Kuban Krasnodar souhaite revenir en France pour jouer la Coupe du monde…

Romain Scotto

— 

L'attaquant français du Kuban Krasnodar (Russie) Djibril Cissé, lors d'un match de Ligue Europa, le 24 octobre 2013 à Krasnodar
L'attaquant français du Kuban Krasnodar (Russie) Djibril Cissé, lors d'un match de Ligue Europa, le 24 octobre 2013 à Krasnodar — Kieran McManus/BPI/REX/REX/SIPA

Transféré au Kuban Krasnodar (L1 russe) l’été dernier pour se relancer, l’ancien meilleur buteur de L1 a bien déchanté depuis. Remplaçant en club et oublié du sélectionneur des Bleus, Djibril Cissé souhaite quitter la Russie au mercato. De passage à Paris pendant la trêve russe, il en a profité pour retrouver ses proches et inaugurer une boutique éphémère de prêt-à-porter Mr Lenoir (du 13 au 18 décembre). Une aventure «excitante» qui en précède un autre, selon lui: une éventuelle participation à la Coupe du monde...

Ça vous fait du bien de rentrer en France de temps en temps?

Oui, je reviens deux, trois fois dans l’année, quand il y a des trêves comme en ce moment. Je suis là jusqu’au 20 janvier. Après, j’irai voir mes enfants en Angleterre. Ce qui me manque le plus en Russie, ce sont mes amis et ma famille. Pour venir en Russie, il faut un visa qui est très compliqué à avoir. Ça prend un mois.

Savez-vous ce que vous ferez en juin prochain? Vos vacances sont-elles réservées?

Non. Je ne sais pas. J’ai l’intention de tout donner et de me battre pour accrocher un billet pour le Brésil. Donc pour l’instant, j’attends. Je dois faire ce que je sais faire. Marquer des buts.

Dans le championnat russe?

Il faut envisager un changement de championnat au mois de janvier. Il me reste six mois de contrat en Russie, mais on va s’asseoir tranquillement et réfléchir. J’ai signé là-bas parce qu’il y avait la Ligue Europa. Là, on est éliminés. Et je ne sais pas si le chamiponnat russe, ça suffit [pour être compétitif]. Donc il faut penser à changer. C’est ma réflexion personnelle. Je pense à un retour en France. Ce serait plus facile.

Avez-vous eu un contact avec Didier Deschamps récemment? Est-il venu vous voir en Russie? Vous a-t-il appelé?

Non. Je ne pense pas avoir besoin de parler avec lui. Si je fais le boulot, c’est tout ce qu’il y a à faire. Franchement, je ne sais pas si quelqu’un du staff est venu me voir en Russie.

Vous cherchez donc un club. Avec qui êtes-vous en contact?

Ça discute en ce moment. Oui. Il y a des clubs qu’on ne peut pas trop citer. Je voudrais revenir en Ligue 1 pour franchir la barre des 100 buts (il en est à 94). J’ai vu qu’il y avait des équipes qui avaient des problèmes en attaque. Moi je suis assez frais puisque je n’ai pas trop joué ces derniers temps. Donc ça peut être bien pour tout le monde.

Marseille?

Franchement, moi je veux une équipe où on joue bien au ballon et où je peux prendre du plaisir. M’exprimer, marquer des buts. Je n’ai pas de choix particulier. Une équipe du haut ou du milieu de tableau de L1.

La France ou rien donc. Pas l’étranger?

C’est la France en priorité. J’ai envie de rentrer en France, mettre mes 100 buts et montrer que je suis toujours là. Et je suis prêt à faire un sacrifice sur mon salaire. II faut voir ce que le club peut mettre. Je suis gratuit déjà, donc il n’y a pas de frais de transfert. [dans le cadre d’une résiliation de contrat].

Ne regrettez-vous pas de vous être autant éloigné de la France?

Non. Sur le moment, c’était la meilleure option que j’avais. J’avais des contacts avec Saint-Etienne et Montpellier, ça ne s’est pas fait. Puis il y a eu Kuban Krasnodar qui est venu avec la Ligue Europa en ligne de mire. C’était une opportunité. Maintenant qu’on est éliminés, il faut voir. Pour être vu par le sélectionneur, il faut jouer en France ou en Allemagne, en Italie, en Espagne. Etre dans les grosses écuries. En Russie, le niveau est bon, mais le club a décidé de me faire jouer un match sur trois. Pour retrouver ton niveau, c’est dur. Ce n’est pas assez pour moi.

Estimez-vous que vous avez encore votre place en sélection?

Ça me fait mal de les voir évoluer et de ne pas être là. J’ai vécu beaucoup de choses. J’ai envie de revenir. Je regarde les matchs. Je ne me dis pas que j’ai ma place, que je suis meilleur qu’eux [Benzema ou Giroud]. Mais je me dis que je sais marquer des buts et j’ai encore mes jambes. Je peux apporter quelque chose. Je me sens très bien. Les gens me voient âgé [il a 32 ans]. Mais moi non. Et puis, je ne suis plus seulement un joueur de profondeur. J’aime bien aussi quand il y a des centres dans la boîte. J’ai changé mon jeu.

De qui êtes-vous encore proche en équipe de France?

Samir [Nasri], c’est comme mon petit frère. Je suis très proche de lui. Sinon, les anciens, Abidal, Evra, la génération d’avant.

Justement, au sujet d’Evra. Comprenez-vous sa vive réaction vis-à-vis des consultants?

Oui je comprends. Je ne l’aurais peut-être pas fait. Mais je comprends. C’est pesant de toujours se faire attaquer. Nous, on fait des erreurs de temps en temps, mais c’est toujours avec une bonne intention. On veut bien faire. Il fallait en parler. Mais maintenant, ça suffit, il faut avancer et reconstruire.