Ukraine-France: Quel impact pour les sponsors des Bleus en cas d'absence au Mondial 2014?

Romain Baheux
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Mathieu Valbuena au Stade de France le 6 février 2013, contre l'Allemagne.
Mathieu Valbuena au Stade de France le 6 février 2013, contre l'Allemagne. — F.FIFE/AFP

Combien coûtent les Bleus? Pour connaître le montant du devis, il faudra encore attendre un peu. Mises en suspens dans l’attente du résultat du barrage qualificatif pour la Coupe du monde entre la France et l’Ukraine, les négociations pour la prolongation des contrats des sponsors des Bleus pourraient prendre une tournure désagréable pour la Fédération. Si son président Noël Le Graët minimise la portée d’un revers des hommes de Didier Deschamps sur les finances, le risque de perte est réel. Excepté l’équipementier Nike, engagé jusqu’en 2018, les contrats des autres partenaires majeurs s’achèvent en juin 2014. En jeu, un montant estimé à 20 millions d'euros.

«On aurait deux cas de figure: ceux qui partiraient et ceux qui resteraient mais à un tarif moindre»

«La non-qualification n’inciterait pas les partenaires à investir davantage dans le football, analyse François Guyot, directeur général de l’agence Sport Market, spécialisée dans la communication sportive. On aurait deux cas de figure: ceux qui partiraient et ceux qui resteraient mais à un tarif moindre.» «Ça mettrait un coup d’arrêt à la reconstruction entamée après la Coupe du monde 2010, poursuit Laurent Lipari, directeur associé et co-fondateur de l'agence United Players. Le préjudice financier aurait bien lieu mais il ne faut pas voir le Mondial 2014 comme une fin en soi mais un point de passage important.»

Pour limiter la saignée en cas de déconvenue face à l’Ukraine, la Fédération détient un solide atout dans son jeu avec l’organisation du championnat d’Europe sur le sol français en 2016 et la perspective d’une visibilité très importante pour les partenaires des Bleus. «Il y aura un engouement national très fort dans tous les cas avec cette compétition», prédit Laurent Lipari. Et sans l’incertitude sportive liée à la présence garantie de l’équipe de France.

Seule chose de sûre, la nature des contrats. Introduit en 2010, le système de bonus-malus lié à la cote de popularité de l’équipe de France satisfait les sponsors, peu désireux de débourser la même somme à une équipe chérie du grand public qu’à des joueurs impopulaires. La polémique après les déclarations de Patrice Evra et le désamour actuel vis-à-vis des Bleus les inciteront à prolonger cette clause. «Les sponsors n’attendent pas que des résultats mais aussi un certain comportement des joueurs», explique François Guyot. Et s’ils pouvaient passer le mois de juin au Brésil, ça ne serait pas plus mal.