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Barrages de la Coupe du monde: Pour Carl Medjani, «Les Burkinabés doivent s'attendre à l'enfer en Algérie»
INTERVIEW – Le défenseur international algérien évoque le barrage retour qui opposera l’Algérie au Burkina à Blida mardi soir…Propos recueillis par Romain Scotto
Depuis un peu plus d’un mois, toute l’Algérie n’attend que ce match. Battus au Burkina 3-2 en concédant un pénalty imaginaire à quatre minutes de la fin, les Fennecs joueront leur place mardi soir à la Coupe du monde à Blida dans un stade réputé très chaud. Le défenseur international de l’Olympiakos, Carl Medjani, salive déjà à l’idée de jouer devant 35.000 personnes survoltées lors de ce barrage...
Un mois après l’aller, avez-vous digéré l’erreur d’arbitrage qui vous coûte la défaite en fin de match (3-2)?
Le groupe a été très marqué par cette fin de match. Ça s’est plutôt terminé dans le calme parce que notre président est intervenu. Mais c’est vrai qu’on ne peut pas se satisfaire de cet arbitrage. Ça a une incidence directe sur l’issue du match. Peut-être sur la qualif. On a très bien vu qu’il y avait un pénalty imaginaire. Et qu’à ce niveau de la compétition, c’est très rare d’avoir des erreurs ce style. Ça fait deux ans et demi qu’on prépare cette qualif. Je ne vous cache pas que ça a été très, très, dur à avaler. Même si ce n’est pas un mauvais résultat en soi de perdre 3-2.
Qu’est ce qui attend vos adversaires dans le stade de Blida?
Ah, là, ce sera l’enfer. Je pense que les Burkinabés savent déjà ce qui les attend au retour. Rien qu’à voir leur comportement on sait qu’ils n’étaient pas forcément satisfaits du résultat accompli. Je n’ai vu aucune euphorie sur leurs visages. C’était une victoire, mais elle n’en avait pas la saveur. Pour moi, ça veut dire beaucoup.
C’est une ambiance plutôt hostile donc…
Il y aura 35.000 personnes à l’intérieur du stade et peut-être autant à l’extérieur. C’est une arène où il y a deux tribunes centrales et plusieurs petites tribunes sur les côtés. Des petits blocs. Ça chante, ça pousse, ça crie, ça hurle du début à la fin. Le match est prévu à 19h. Il faut savoir que le stade sera plein à 10h du matin, tout en vert et blanc, avec des drapeaux de partout. Ce sera vraiment une ambiance énorme.
Vous semblez vraiment excité à l’idée de jouer dans ce contexte…
J’adore le football, le sport, je regarde beaucoup de matchs à la télé, et jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais vu de supporters comme les nôtres. Tout le monde a les maillots, les drapeaux. Et ce ne sont pas des flyers sur les sièges pour qu’on voit, comme au stade de France, que la France est soutenue par son public. Là, ce sont les supporters qui viennent avec les écharpes, maillots, drapeaux. Il y en a 35.000 dans le stade. Il n’y a pas de mots. Ce qu’il se passe là-bas, il faut vraiment le vivre pour le comprendre.
Est-ce plus chaud qu’à Alger où le stade du 5-juillet est pourtant plus grand?
C’est différent. Ça touche un autre style de population. Le 5 Juillet plein, avec 120.000 personnes, on aurait signé de suite, mais la qualité du terrain est meilleure à Blida. C’est pour cela qu’on va là-bas. Le terrain est nettement meilleur. Par mesure de sécurité aussi. Il y a deux mois, une partie d’une tribune s’est écroulée, il y a eu deux morts.
Que représenterait une deuxième qualification d’affilée en Coupe du monde pour l’Algérie?
Ce serait exceptionnel. Miraculeux, dans le sens où l’année post Coupe du monde 2010 a été terrible pour nous. Une nouvelle génération est arrivée, avec un nouveau coach. Il y a eu un nouvel élan et on a connu une grosse mésaventure sur la dernière CAN (non qualifiée). Footballistiquement et même politiquement et économiquement, ça compte énormément que l’Algérie soit au Brésil l’année prochaine.
Que vous a vraiment apporté Vahid Halilhodzic depuis son arrivée en juin 2011?
Il a changé carrément la physionomie de l’équipe. C‘est-à-dire qu’avec Rabah Saâdane, l’ancien coach, on avait un système un peu défensif en 3-5-2 avec les joueurs qu’il avait sur le moment. Vahid a opté pour un 4-3-3 avec un jeu beaucoup plus offensif. Après, il a révolutionné le mode de vie de l’équipe nationale avec beaucoup plus de rigueur et de discipline dans l’équipe. Ça correspond à son éducation, ses valeurs et son pays d’origine. Aujourd’hui on lui doit énormément. Mais on n’a encore rien fait et on ne se souviendra de rien si on ne se qualifie pas.
Concrètement, comment se traduit la rigueur de coach Vahid?
C’est une dizaine de détails au niveau professionnel, qui parfois sont oubliés dans les sélections africaines. Sans pour autant nous enlever nos racines et nous couper de notre quotidien maghrébin, il a su instaurer une discipline.


















