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Euroligue: Comment Nanterre a fait taire les Eurosceptiques

Euroligue: Comment Nanterre a fait taire les Eurosceptiques

BASKET – Troisième de sa poule, l’équipe de Pascal Donnadieu est toujours en lice pour le Top16 avant son déplacement à Fenerbahçe…
R.S.

R.S.

Il y a quelques mois, Pascal Donnadieu ne faisait pas forcément le fier lors du tirage au sort de l’Euroligue. Le coach de la JSF, ravi de tomber dans un groupe de cadors, évoquait plus le plaisir d’offrir des affiches de rêve à ses supporters, plutôt que les chances de qualification de ses hommes. A la veille d’un déplacement à Fenerbahçe, les champions de France sont pourtant loin d’être à l’agonie. Quatre matchs et deux victoires plus tard, ceux qui ont épaté la ProA l’an dernier bluffent désormais l’Europe. «Ils apparaissaient comme le tout petit poucet. Ce qui leur a valu des remarques de tout le monde. On leur disait: «Vous n’êtes pas près d’en sortir de cet enfer. Et puis voilà, le résultat», savoure Alain Béral.

Le président de la Ligue reconnaît qu’il n’aurait jamais cru cette équipe capable de faire tomber le Barça chez lui, étriller Minsk ou donner quelques sueurs au CSKA Moscou. Accusé de voir d’un mauvais œil l’épopée nanterrienne, il balaye tout malentendu: «Ils offrent une bonne image du sport français. Et le comportement qui accompagne ces victoires est exemplaire. Ce n’est que du bonheur pour la Ligue.»

Domenech, supporter de choix

Bref, le temps des petites anicroches semble révolu. En fin de saison, le président avait égratigné l’équipe des Hauts-de-Seine et sa salle Maurice Thorez, indigne des standings européens. «J’assume mon mécontentement sur le fait qu’ils n’aient pas voulu jouer leur demi-finale de Pro A ailleurs qu’à Nanterre. J’estime toujours qu’une demi-finale de ProA mérite plus qu’une salle de 1.500 places. Et la halle Carpentier n’est pas typiquement une salle d’Euroligue.» Une façon polie de décrire ce hangar anachronique, dans lequel Trent Meacham et sa bande ont déjà reçu un hommage appuyé d’Ettore Messina, l’entraîneur du CSKA.

La «hype» nanterrienne a même converti un supporter de choix, Raymond Domenech, habitué des joutes à domiciles. Le parcours du club inspire aussi le respect de toute la ProA. Au début du mois, à Cholet, les joueurs de Donnadieu ont reçu une ovation du public avant, puis après, la rencontre. «Ceci dit, je sais qu’ils vont égratigner certains dans leur orgueil, poursuit Béral. On va dire qu’ils sont aidés par-ci par-là.» En l’occurrence, la Ligue leur a versé une dotation de 250.000 euros pour participer à l’Euroligue. Un coup de pouce qui permet désormais à Nanterre de rêver de Top16.