Jason Lamy-Chappuis: «Ce drapeau pèse lourd en symbole et en fierté»
INTERVIEW – Le porte-drapeau de l’équipe de France aux JO de Sotchi décrit la façon dont il envisage son nouveau rôle…Propos recueillis par Romain Scotto
Quatre ans après son titre olympique à Vancouver, le spécialiste du combiné nordique Jason Lamy-Chappuis a été élu porte-drapeau de la délégation française pour les prochains Jeux de Sotchi, devançant Brian Joubert et Ophélie David. Un rôle honorifique que le Jurassien prend avec fierté, honneur et ambition…
Vous étiez trois en compétition pour le rôle. Vous seriez-vous attribué le drapeau?
Par rapport au palmarès, peut-être. Mais il y a énormément de sportifs qui sont méritants. Ophélie David est là depuis les Jeux de 1994. C’est quand même exceptionnel. Brian Joubert aussi. Il va disputer ses derniers JO. Pour moi, énormément de sportifs méritaient d’être porte-drapeau. Je crois que cela s’est joué sur mon titre olympique d’il y a quatre ans.
Vous auriez aussi pu porter le drapeau des Etats-Unis puisque vous avez un passeport américain…
C’est sûr, c’est une particularité. Je suis né aux Etats-Unis et je suis arrivé en France quand j’avais cinq ans. Il y a quelques années, les Américains m’ont proposé de courir pour eux. Je ne trouvais pas cela logique. Je me sens français. J’ai appris à skier en France, je me suis formé auprès d’entraîneurs français. Je n’ai fréquenté que l’équipe de France. Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à la France et au système français.
Beaucoup d’athlètes ont eu du mal à être performants après avoir endossé ce rôle. Le craignez-vous également?
J’ai entendu pas mal de témoignages qui prouvent qu’il est difficile de concilier les objectifs sportifs et le fait de mener l’équipe de France olympique. Mais il faut faire la part des choses. J’ai quatre jours de repos entre la cérémonie et les compétitions. J’ai le temps de digérer. Et j’ai un bel exemple dans ma discipline avec Fabrice Guy qui a été porte-drapeau avant d’être champion olympique en 1992. J’aurai quelques questions à lui poser je pense.
Ce drapeau pèse-t-il lourd?
En poids non, mais en symbole et en fierté oui. C’est exceptionnel pour moi d’être reconnu par le mouvement olympique français. J’ai un poids supplémentaire par rapport aux autres athlètes. Il faut que je représente le pays de la meilleure manière. Il faut que je sois moi-même. Ce sera exceptionnel.
Quelles valeurs principales voulez-vous porter?
Les valeurs de la famille olympique. Je me suis senti vraiment soutenu par les autres athlètes il y a quatre ans. On se connaît tous très bien avec les rassemblements, les stages. J’ai senti un esprit de famille au village olympique de Vancouver. On s’encourageait tous. Il n’y a qu’aux JO qu’on a cette sensation.
C’est aussi une nouvelle victoire pour les disciplines nordiques, déjà mises à l’honneur avec Vincent Defrasne dans ce rôle de porte-drapeau à Vancouver…
Oui, entre Vincent Defrasne et moi, c’est super. Je suis très content pour le combiné nordique. J’ai voulu en faire quand j’ai vu mes idoles. Je suis arrivé en France en 91. J’ai commencé le saut en 93. Je me souviens très bien de Lillehamer (les Jeux de 1994), de la cérémonie d’ouverture, le sauteur qui saute avec sa flamme olympique. C’est un truc qui m’a vraiment marqué. Après j’ai suivi avec les copains de mon âge sur toutes les coupes du monde à la télé.


















