Equipe de France: Ribéry peut-il devenir le leader des Bleus?

Romain Baheux
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Franck Ribéry en course pour le Ballon d'Or cette saison.
Franck Ribéry en course pour le Ballon d'Or cette saison. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

 A regarder un peu en arrière, il y a une certaine ironie à la situation. Il y a trois ans, Franck Ribéry écopait d’une suspension chez les Bleus pour sa participation à la grève de Knysna lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud et se débattait avec l’affaire Zahia. Un presque mondial plus tard, on a demandé au joueur le plus capé des actuels Bleus, avec 74 sélections, s’il se sentait prêt à être «un modèle» pour ses équipiers.

Une évolution soulignée par Didier Deschamps, interrogé sur la place et l’influence de son joueur avant le déplacement en Géorgie ce vendredi pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2014. «Le contexte n’est pas le même qu’au Bayern Munich. Il ne faut pas oublier ce qu’il s’est passé en équipe de France. Il y a deux ans, beaucoup étaient prêts à le brûler vif sur la place publique.»

Une saison impressionnante

Ces derniers temps, on a plus eu tendance à voir Ribéry sur un podium que sur un bûcher. Auteur d’un triplé Ligue des champions-championnat-coupe d’Allemagne avec le club bavarois la saison dernière, il a ajouté la Supercoupe d’Europe à son palmarès vendredi, au lendemain de son sacre comme meilleur joueur européen de la saison. D’ailleurs, le Français ne cache pas «estimer qu’il mériterait» le ballon d’Or. Chez les Bleus, Ribéry est de loin l’arme offensive la plus dangereuse, cumulant depuis 2006 12 buts et 11 passes décisives. «Il est capable de faire la différence à lui tout seul, on peut compter sur lui à chaque moment dans un match», avance le défenseur Laurent Koscielny.

«La première fois que je le vois aussi serein»

Voilà pour le terrain. Mais peut-il être davantage qu’un leader technique et devenir un cadre incontournable dans la vie du groupe, comme un Messi pour l’Argentine ou un Ronaldo pour le Portugal? «Contre la Belgique (0-0 le 14 août dernier), ça m’est arrivé de dire à un partenaire de tenter plutôt la passe à dix mètres que celle à trois, pour accélérer le jeu, créer un décalage, car certains n’osent pas», expliquait le joueur lui-même cette semaine, signe de quelqu'un qui a envie de prendre les choses en main.

«Je l’ai vu vendredi lors de la finale de la Supercoupe d’Europe et c’est la première fois que je le vois aussi serein, aussi tranquille, enchaîne l’ancien international et consultant pour beIN Sport Jean-Pierre Papin. Il sera peut-être Ballon d’or et ça va l’obliger à avoir des responsabilités différentes.» A écouter Didier Deschamps, l’expression de son influence est pour le moment uniquement attendue sur la pelouse. «Il a une forme de leadership mais je ne vais pas lui demander de faire des choses dont il n’a pas trop envie. Le leadership, il doit l’avoir sur le terrain pour aider les jeunes.» Les guider vers le Brésil constitue déjà une mission suffisante pour le Munichois.