Vuelta: Christopher Horner, une révélation sur le (très) tard

CYCLISME L'Americain va sur ses 42 ans et pourrait remporter son premier grand Tour...

B.V.

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Christopher Horner remporte une étape du Tour d'Espagne, le 26 août 2013
Christopher Horner remporte une étape du Tour d'Espagne, le 26 août 2013 — Paulo Duarte/AP/SIPA

On a trop parlé des 41 balais de Jens Voigt lors du dernier Tour de France pour ne pas savoir qu’un quadra peut encore être compétitif dans un peloton. A 42 ans, le grimpeur américain de la RadioShack a définitivement lâché Vincenzo Nibali sur les pentes de l'Angliru et va remporter dimanche son premier Grand Tour, la Vuelta.

Surprenant, pour un coureur qui n’a jamais fait mieux que 9e au Tour de France malgré une carrière longue comme le bras? «D’abord, il a beaucoup de fraîcheur par rapport aux autres coureurs car il n’a quasiment pas couru de l’année à cause d’une blessure», répond Alain Gallopin. «Mais surtout, il s’est toujours beaucoup sacrifié en tant qu’équipier, pour Contador notamment (en 2008-2009 chez Astana), poursuit-il. Quand il s’écartait après avoir fait le tempo dans un col, seuls restaient trois ou quatre coureurs dans la roue. Ca peut passer inaperçu, mais c’est le signe d’un coureur fort.»

«Il a besoin d’aller au MacDo de temps en temps»

Découvert en 1996 par Gallopin et Madiot -alors à la tête de la Française des Jeux- lors de la Milwaukee Race, perdue à la photo-finish contre un certain Lance Armstrong, Horner a beaucoup tâtonné à ses débuts. «La FDJ l’a parachuté en Europe et il a connu une période difficile d’adaptation à la vie européenne, enchaîne Gallopin, qui l’hébergeait chez lui à l’époque. C’est quelqu’un qui a besoin  de d’aller au MacDo de temps en temps, de retourner souvent au pays pour se ressourcer. C’est le champion du monde du décalage horaire.»

Que l’âge aide, paradoxalement. A 41 ans, le chauve américain «est désormais plus à même de supporter la souffrance», grâce à «une connaissance accrue de son corps et ce qu’il peut faire avec». Avec l’utilisation des capteurs de puissance, celui qui avait tendance à tirer des braquets trop importants a réussi à «s’améliorer en restant dans la limite de ce qu’il peut faire» décrit Gallopin. «Et puis, il court au jour le jour, comme si chaque course pouvait être la dernière, conclut son mentor. A son âge, une mauvaise chute signifie la retraite.» Avant, il y a quand même une Vuelta à gagner.