Equipe de France: Geoffrey Kondogbia, le milieu qu'il manquait aux Bleus?

Marc Nouaux

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Le nouveau milieu de terrain de l'équipe de France, Geoffrey Kondogbia, le 21 juin 2013, contre le Ghana avec les moins de 20 ans.
Le nouveau milieu de terrain de l'équipe de France, Geoffrey Kondogbia, le 21 juin 2013, contre le Ghana avec les moins de 20 ans. — OZAN KOSE / AFP

Champion du Monde avec les U20 en juillet, courtisé par le Real Madrid et sélectionné avec les A en août. Geoffrey Kondogbia, 20 ans, vit un bel été 2013. La carrière du jeune milieu de terrain de Séville, qu’il a rejoint il y a un an après deux saisons à Lens, subit une accélération fulgurante. Zoom sur celui qui devrait honorer sa première sélection avec les Bleus ce mardi soir en Belgique.

Plutôt Vieira, Malouda ou Alou Diarra? Milieu gauche, relayeur ou défensif. Il y a débat sur le poste du garçon, souvent cantonné à la récupération quand il semble aussi capable d’offrir autant de volume de jeu qu’un Florent Malouda de la grande époque sur le côté. «Qu’il soit plus ou moins offensif, sa meilleure position est milieu gauche, juge son ancien sélectionneur chez les Bleuets, Pierre Mankowski.» Pour Didier Deschamps, c’est plutôt dans l’axe que son avenir s’écrit. «C’est un relayeur gaucher, avec un profil différent puisqu’il a également une efficacité offensive dans la passe ou même vers le but.» C’est d’ailleurs à ce poste qu’il devrait débuter ce mardi soir. «Je m’inspire plus de Diaby, ou encore d’Étienne Capoue et de Matuidi que j’aime bien en France, tranche l’intéressé dans une interview donnée à So Foot. Mais mon joueur référence serait plus Yaya Touré.» 

En quoi vaut-il mieux qu’un Mavuba ou un Sissoko? Empiler des milieux axiaux qui ont tous le même profil, en France, on sait faire. Il y en a un gros paquet qui n’ont pas dépassé les 20 sélections (M’vila, Mavuba, Sissoko, L. Diarra…). En quoi, alors, Kondogbia, ce serait mieux que les autres? Parce que pour l’instant, il est moins fragile que Diaby, parce qu’il est gaucher et parce qu’il est un joueur «box to box», c’est-à-dire décisif dans les deux surfaces. Et ça, en France, on n’en a pas beaucoup. «Il est capable de casser les lignes devant lui et d’effacer les adversaires tout seul, apprécie le Bordelais, Grégory Sertic, qui l’a vu débuter à Lens en 2010-2011. Il est costaud dans les duels et a aussi une très bonne technique.»

Pourquoi il ne va pas rater sa carrière?  S’engager à 19 ans avec un club étranger qui ne fait pas partie des cadors, le choix peut paraître douteux. Abeid (Newcastle) ou Taarabt (Tottenham), partis eux aussi très jeunes de Lens, galèrent pour rebondir. Mais Kondogbia s’est montré assez fort pour ne pas traîner en équipe réserve à Séville et a déjà joué 37 matchs (dont 31 de Liga) pour sa première saison. Et aujourd’hui, c’est un club comme le Real Madrid qui est prêt à débourser 20 millions d’euros pour le faire signer. Tout sauf un hasard. «C’est vraiment un bon mec dans sa mentalité, il mérite tout ce qui lui arrive, estime Grégory Sertic. Il a une très grande carrière devant lui. Ce n’est pas pour rien si le Real Madrid est dessus.» S’il confirme son talent et qu’il garde les pieds sur terre, Kondogbia pourrait suivre la trajectoire de son copain Raphaël Varane avec le Real et avec les Bleus.