Dopage: Mais qui a vraiment gagné le Tour de France 1998?

Antoine Maes

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Les Français Christophe Rinero (à gauche) et Jean-Cyril Robin, le 31 juillet 1998, sur la 19e étape du Tour de France.
Les Français Christophe Rinero (à gauche) et Jean-Cyril Robin, le 31 juillet 1998, sur la 19e étape du Tour de France. — PATRICK KOVARIK / AFP

Quinze ans plus tard, le palmarès du Tour de France 1998 ressemble à un morceau de gruyère. Après les révélations de la commission d’enquête sénatoriale sur l’efficacité de la lutte contre le dopage, difficile de savoir jusqu’où il faut descendre dans le classement pour trouver un cycliste «à l’eau claire». Dans la fameuse liste des coureurs positifs à l’EPO cette année-là, dévoilée par la commission mercredi, ils sont nombreux à être disqualifiés.

Dans les 30 premiers, ils ne sont finalement que quatre à être touchés: Marco Pantani (1er), Jan Ullrich (2e), Hamburger (15e), et Livingston (17e). D’autres, comme le Belge Axel Merckx (10e), sont considérés comme des «cas litigieux»: en clair, l’échantillon du fils du «Cannibale» est suspect, mais n’aurait pas donné lieu à un contrôle positif en 1998. 

Avec ce critère, le top 10 du Tour 1998 serait: 

1.      Bobby Julich

2.      Christophe Rinero

3.      Jean-Cyril Robin

4.      Roland Meier

5.      Danielle Nardello.

6.      Giuseppe Di Grande.

7.      Axel Merckx.

8.      Bjarne Riis.

9.      Dariusz Baranowski.

10.   Stéphane Heulot.

Le problème, c’est qu’après 1998, de nombreux coureurs ont avoué avoir eu recours au dopage. Et d’autres ont été «mouillés» par les affaires. En ne prenant que les révélations portant sur la période du Tour de France, on obtient un autre classement, dont sortent Julich (aveux, échantillon 98 litigieux) et Rinero (dénoncé par Philippe Gaumont, échantillon 98 «inclassable). 

Dans ce cadre-là, le vainqueur de l’édition 1998 de la Grande Boucle s’appelle Jean-Cyril Robin. A cette époque, le Français est le leader de l’équipe… US Postal. Celle qui deviendra la machine de guerre de Lance Armstrong, et que l’USADA avait accusé d’avoir mis en place «le système de dopage le plus sophistiqué de tous les temps». Robin est resté deux saisons chez les Américains, mais l’année précédente, il faisait partie de l’effectif de l’équipe Festina. En clair, impossible d’affirmer à 100% qu’un vainqueur propre existe sur cette édition maudite du Tour de France.

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