Tour de France 2013: «Ça va devenir de plus en plus difficile pour Alberto Contador de remporter un Tour de France», estime son directeur sportif

Romain Baheux

— 

Alberto Contador finit le Tour de France 2013 en quatrième position au général.
Alberto Contador finit le Tour de France 2013 en quatrième position au général. — AFP PHOTO / JOEL SAGET

De notre envoyé spécial à Annecy-Semnoz (Haute-Savoie)

Dimanche en fin d’après-midi, Alberto Contador aura les pieds sur le bitume des Champs-Elysées au moment où les trois premiers du classement général seront appelés pour la cérémonie protocolaire. Venu pour gagner son troisième Tour de France après ses sacres de 2007 et 2009, l’Espagnol avait fini par accepter la domination du maillot jaune Christopher Froome. Deuxième au général samedi matin, Contador a été proprement éjecté du podium sur les pentes du Semnoz où il a été incapable lutter avec le Colombien Nairo Quintana et son compatriote Joaquim Rodriguez, probables deuxième et troisième du général dimanche soir.

Contador: «Défendre une deuxième place n’est pas la même chose que de défendre un maillot jaune»

Une issue redoutée par son clan après sa pénible ascension de l’Alpe d’Huez jeudi. «On pouvait s’y attendre, soupire son directeur sportif chez Saxo-Tinkoff Philippe Mauduit. Il a craqué physiquement, il n’avait pas les jambes pour accompagner les meilleurs. On s’est fait battre par plus fort.» A peine franchi la ligne d’arrivée, son coureur tenait à relativiser son recul dans la hiérarchie de ce Tour et l’imputait en partie à son manque d’entrain de se satisfaire d’un rôle de dauphin. «Défendre une deuxième place, ce n’est pas la même chose que de défendre un maillot jaune. C’est toujours mieux de finir deuxième que dixième mais le but était de finir premier…»

En aura-t-il seulement encore l’occasion? Face à un Christopher Froome bien supérieur, l’Espagnol a usé de tous les stratagèmes tactiques de sa panoplie mais sans succès. A 30 ans, Alberto Contador a montré qu’il était un cran en-dessous du Britannique. La montée en puissance du jeune Colombien Nairo Quintana et l’ombre de Vincenzo Nibali, vainqueur du dernier Tour d’Italie mais absent sur cette Grande Boucle, n’incitent pas à l’optimisme dans les rangs de l’Espagnol, qui ne défendra pas son titre lors du prochain Tour d’Espagne.  

«On est face à un tournant des générations avec Quintana qui arrive et des coureurs pas encore trentenaires qui progressent, ça va devenir de plus en plus difficile de gagner un Tour de France, souligne son directeur sportif. Il y a du travail à faire de notre côté mais on va continuer à se battre.» Les Champs-Elysées s’apprécient toujours davantage quand on prend un peu de hauteur.