Tour de France 2013: Comment la Corse s'est préparée au Tour de France

Romain Baheux

— 

 La Corse a investi près de cinq millions d'euros pour accueillir le Tour de France.
 La Corse a investi près de cinq millions d'euros pour accueillir le Tour de France. — PASCAL POCHARD-CASBIANCA / AFP

De notre envoyé spécial à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud)

«Tocca à noi.» A l’entrée de Porto-Vecchio, le slogan corse s’étale, sous sa traduction française «A notre Tour», sur les affiches du Grand départ du Tour de France 2013. Pour sa centième édition, la Grande Boucle a décidé de s’élancer en terre inconnue en empruntant les routes de l'Ile de Beauté, à partir de samedi. Officialisée il y a près de deux ans, cette décision a contraint les Corses à une préparation intensive pour accueillir l’événement.
 
«On a dû développer des solutions originales», raconte Paul Giacobbi, président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC). Avant même la validation de sa candidature, la Corse a ainsi dû assurer à Amaury Sport Organisation qu’elle pouvait trouver 1.300 lits pour héberger les coureurs et l’organisation dans les environs des villes de départ et d’arrivée. «Nous n’avons pas la même capacité hôtelière qu’un lieu classique, on a anticipé au maximum», poursuit Giacobbi. Un déficit d’infrastructures encore plus criant quand la question de l’accueil des médias s’est posée. Pour 500.000 euros, la CTC a contourné le problème en se payant la location d’un ferry de la compagnie Corsica Ferries et le transformant en salle de presse flottante.
 
 «Pour un euro investi, on espère que dix seront réinjectés»
 
Sur terre, il a aussi fallu s’adapter. Voté en 2011, le schéma de développement routier corse a été modifié une fois la candidature insulaire validée. «On n’entretient pas nos routes pour le Tour de France mais on a tenu compte de sa venue, explique Marie-Hélène Djivas, chargée du Tour de France à la CTC. On s’est dit que c’était plus intelligent de s’occuper des secteurs où passait le Tour de France avant plutôt qu’après l’événement.»
 
En tout, près de cinq millions d’euros ont été mis sur la table par la collectivité régionale pour accueillir le Tour de France. Mais pour quelles retombées? «D’habitude, on  un taux de remplissage de 80 % à cette période de l’année. Là, on pense atteindre les 95 %», décrit Agathe Albertini, présidente régionale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. «La Vendée, qui a accueilli le Tour de France en 2011, avait estimé que pour un euro investi, dix avaient été réinjectés dans l’économie locale, explique Marie-Hélène Djivas. On espère atteindre ce ratio.» A leur tour d’en profiter.