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Equipe de France: A quoi sert cette tournée en Amérique du Sud?

Equipe de France: A quoi sert cette tournée en Amérique du Sud?

FOOTBALL – Les Bleus affrontent l’Uruguay mercredi et le Brésil dimanche…
Randy Assala

Randy Assala

Une tournée amicale au bout du monde, après une saison à 50-60 matchs, peut paraître lourde dans le calendrier. Néanmoins, à un an de la Coupe du monde, chaque rassemblement en Bleu peut se révéler décisif. Petite liste des bienfaits d’un road trip souvent considéré comme superflu.

Une carte à jouer pour les novices

Grenier et Guilavogui profitent des absences pour effectuer leur première. Jean-Marc Ferreri, qui était du voyage initiatique au Koweït en plein cœur de l’hiver 1990, est confiant pour eux. «Il y a eu des chamboulements au sein de notre équipe. Certains jeunes avaient saisi leur chance. Pourquoi pas eux?» Parmi ces jeunes figuraient notamment Laurent Blanc et Didier Deschamps, piliers de l’équipe de France 98. Reynald Pedros, qui était lui de l’aventure au Japon en 1994, ne pense pas que la tournée ait fait bouger les lignes. «On était loin de l’Euro 96, on voulait surtout décompresser après la fin de saison, mettre les jeunes dans le bain. Ces tournées sont aussi l’occasion pour la fédération de faire de l’argent ». Et d’essayer des nouveaux, dont Fabien Barthez, gardien et autre patron de 1998 qui a connu sa première sélection à cette occasion.

Des affinités à créer

En 1977, les Bleus d’Hidalgo avaient obtenus deux nuls prometteurs face au Brésil et à l’Argentine. «Ces deux résultats étaient encourageants. Cela a été un moyen de progresser, d’asseoir notre jeu et d’acquérir de la confiance car on affrontait deux nations fortes pendant que nous repartions de zéro», explique Hidalgo. Ca tombe bien, cette semaine l’équipe de France sera également opposée à deux références du football mondial: l’Uruguay, dernier vainqueur de la Copa America, puis le Brésil, quintuple champion du monde. Au Koweït, les Bleus n’avaient pas affronté de grosses pointures, mais en avaient profité pour créer du lien. Ferreri se remémore «le rapprochement dû au dépaysement». Reynald Pedros retient du périple de 94 «les bons moments vécus grâce au voyage lointain et à la découverte d’une nouvelle culture».

Le point de départ d’une épopée?

Des résultats positifs lors d’une tournée peuvent-ils lancer une nouvelle époque glorieuse? Hidalgo estime que 77 a été le début d’une ère. «J’ai pris l’équipe en main en 1966, mais c’est seulement cette année-là, avec cette tournée que l’équipe s’est mise en route. Aujourd’hui c’est différent, l’équipe actuelle bénéficie des lettres de noblesse que l’institution a déjà acquise». Reynald Pedros n’est pas du même avis que l’ancien sélectionneur, en tout cas sur la tournée qu’il a vécu. «Japon 94 n’a pas été vital. Il s’agissait de se retrouver. Rien de différent pour Deschamps et ses garçons. Deux victoires contre de grosses sélections feraient du bien au moral, mais ne seraient pas définitivement révélatrices.» En deux ans et demi, la France a battu en amical l’Angleterre, le Brésil, l’Allemagne et l’Italie. Plus qu’à rééditer les mêmes prouesses en compétition, ça fait longtemps.