Homophobie dans le football: Que faire pour changer la donne?

Antoine Maes

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Les tribunes du Parc des Princes manifestent contre le racisme et l'homophobie en 2008 lors d'un match du PSG contre Lorient.
Les tribunes du Parc des Princes manifestent contre le racisme et l'homophobie en 2008 lors d'un match du PSG contre Lorient. — CAPMAN/SIPA

Depuis dix ans, ils sont les plus en pointe dans la lutte contre l’homophobie. Le Paris Foot Gay est pourtant un peu seul dans sa lutte et fêtera un anniversaire un poil amer: «Dix ans de bras de fer avec le déni, la condescendance, l’humour gras, la mauvaise foi, voire la haine plus ou moins dissimulée», raconte l’association. «Pas surpris» par les résultats de l’enquête financée par l’entreprise Randstad, Pascal Brethes, directeur du PFG, avance quelques pistes. 

Faire signer la Charte contre l’homophobie à tous les clubs. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est bien la réalité: s’il existe une Charte contre l’homophobie dans le foot, elle n’a été ratifiée que par… huit clubs (sur 40 pros). «Signer une charte c’est bien, mais il faut y ajouter une convention d’objectifs. Parce que signer et ne rien faire… La FFF, on ne sait même pas si elle a signé», rapporte Pascal Brethes, le directeur du PFG. 

Appliquer les sanctions. «On ne demande pas plus que ce qui existe déjà pour le racisme», explique le directeur du PFG. Aujourd’hui, le Marseillais Joey Barton peut qualifier Thiago Silva de transsexuel, il ne risque aucune sanction. «On demande juste que la commission de discipline de la Ligue et le comité national de l’éthique de la FFF fassent leur travail au lieu de botter en touche, enchaîne Brethes. Pour ça, il faut que l’homophobie soit vraiment reconnue comme une discrimination.» 

Soutenir les coming-out. Pour que les choses changent, il faudrait sans doute qu’un ou plusieurs joueurs se décident à faire leur coming out. «Il faudrait qu’il y ait des choses mises en place par le gouvernement et les instances qui s’occupent du football, prévient Pascal Brethes. Mais ce serait évidemment formidable que plusieurs sportifs fassent leur coming-out en même temps. Un joueur homo qui ne le dit pas joue moins bien parce que ça lui pèse. Si on aidait les homos à être mieux dans leur pompe, ça serait utile aux clubs.» 

Sensibiliser les joueurs des centres de formation. C’est là que les chiffres sont les plus effarants. Là où le Paris Foot Gay voudrait intensifier le combat. «On est intervenus au centre de formation de Niort. Les jeunes répètent ce qu’ils entendent, et surtout ils partent du principe qu’un homosexuel ça ne joue pas au foot, relève Pascal Brethes, le directeur du PFG. On a fini avec un extrait de film où on voit Thuram qui dit qu’il ne voit pas la différence entre le racisme et l’homophobie, on sent que ça marque.»