Ligue des champions/Bayern Munich-Barça: Le talentueux M. Heynckes

Romain Baheux

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Jupp Heynckes quittera le Bayern Munich à la fin de la saison.
Jupp Heynckes quittera le Bayern Munich à la fin de la saison. — REUTERS/Michael Dalder

Non, Jupp Heynckes n’a pas besoin d’aide pour affronter le Barça mardi en Ligue des champions. Même pas de Pep Guardiola, ancien gourou des Catalans et successeur du technicien allemand à la tête du Bayern Munich la saison prochaine. «Je n’ai jamais demandé de conseil à personne, respectez mon travail», s’était-il offusqué lors du tirage au sort du dernier carré de la Ligue des champions, vexé de passer pour un simple bouche-trou avant l’arrivée du maître à penser.

Quand on assure le titre de champion début avril, qu’on hisse son équipe en finale de la Coupe d’Allemagne et qu’on donne une leçon à la Juventus Turin en quart de finale de la C1, on accepte forcément moins bien la critique. De fait, il est devenu difficile de nier les qualités de technicien d’Heynckes, encore méconnu de ce côté du Rhin. «C’est surprenant car c’est vraiment un très bon entraîneur, souligne Valérien Ismaël, ancien défenseur du Bayern Munich. Malgré son âge, il est tout à fait capable de gérer un groupe de très jeunes joueurs.»

Il a refusé une place dans l’organigramme du Bayern

Sa date de naissance est justement le problème. A bientôt 68 ans, Heynckes a le simple défaut de ne pas incarner l’avenir du club bavarois, qui l’a poussé vers la retraite. En cadeau de consolation, les dirigeants munichois lui ont proposé une reconversion au sein de l’organigramme du club. Une offre publiquement et sèchement rejetée par l’intéressé, qui a toujours eu une relation tumultueuse avec le Bayern Munich. Viré après une première expérience à la tête de l’équipe de 1987 à 1991, il était venu assurer l’intérim pour cinq matchs en 2009 après le licenciement de Jürgen Klinsmann, avant de partir au Bayer Leverkusen. Pas assez populaire, pas assez vendeur, trop âgé… Heynckes n’aura jamais été cet entraîneur dont rêvent les dirigeants bavarois.

Depuis un an, il a pourtant fait du Bayern une machine implacable, bien trop forte pour le commun des mortels du championnat allemand. Lors de leurs trois dernières sorties, les partenaires de Franck Ribéry ont arraisonné Nuremberg, Wolfsburg et Hanovre, inscrivant seize buts en trois matchs. Sans compter le 9-2 infligé à Hambourg fin mars. «Les deux titres de champion d’Allemagne du Borussia Dortmund leur ont vraiment foutu les boules, ils ont faim de titres. Heynckes a amélioré la défense du Bayern –qui a encaissé quatorze buts en trente matchs de Bundesliga- en amenant des joueurs comme Ribéry et Robben à participer au pressing», poursuit Ismaël. «C’est en grande partie grâce à lui si nous avons autant gagné et ce n’est pas fini. Nous voulons donner bien terminer avant qu’il ne parte», insiste le milieu de terrain Javi Martinez dans As.

Mardi, Heynckes s’attaque à l’avant-dernière marche qui sépare le Bayern d’un sacre européen, touché des doigts la saison dernière lors de la finale perdue aux tirs buts contre Chelsea à l’Allianz Arena. Lui l’a déjà gagné avec le Real Madrid en 1998. Une époque où son successeur transpirait encore sous le maillot barcelonais.