Coupe Davis: La France sait-elle encore gagner à l'extérieur?

TENNIS Les Bleus jouent leur quart de finale en Argentine...

Julien Laloye

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Jo-Wilfried Tsonga contre John Isner en Coupe Davis le 8 avril 2012 à Monaco.
Jo-Wilfried Tsonga contre John Isner en Coupe Davis le 8 avril 2012 à Monaco. — VALERY HACHE / AFP

La dernière fois que la France a remporté la Coupe Davis, elle l’a fait sans jouer une seule rencontre à domicile. C’était le bon temps. Depuis leur campagne victorieuse de 2001, les Bleus ont complètement égaré leur savoir-faire à l’extérieur. Gênant, quand il faut aller chercher sa qualification pour les demi-finales à Buenos Aires, même sans la présence de Juan Martin Del Potro, l’Argentin le mieux classé à l’ATP. Mais les Français connaissent les obstacles à surmonter pour enfin vaincre le signe indien.

L’ambiance hostile

Cordoue 2011, Belgrade 2010, Prague 2009, Moscou 2007… A chaque fois un public remonté à bloc et à chaque fois une élimination française dans des rencontres toutes gagnables, en dehors, peut-être, du match en Espagne. Arnaud Clément n’avait pas dégoupillé en Serbie malgré les cris de certains «supporters» entre ses services, mais le nouveau capitaine des Bleus est conscient que les joueurs français résistent mal à la pression d’une grosse ambiance à l’extérieur. «L’expérience de Belgrade va être très utile pour la rencontre à venir. On l’a préparée en parlant entre nous, en regardant quelques images du public qui chante ou qu’il faut parfois attendre avant de reprendre le jeu entre deux points», confie la Clé. Tout en sachant qu’on sera bien loin de l’ambiance coupe-gorge du Paraguay en 85, quand les spectateurs entraient dans la salle avec des battes de base-ball.

Le joueur en feu

Qu’ont en commun Victor Troicki, Radek Stepanek, ou Igor Andreev? Tous trois joueurs lambdas, au mieux honnêtes tops 20 au sommet de leur carrière, ils n’ont pas touché terre pendant un match ou un week-end entier et éliminé l’équipe de France à la surprise générale. Le joueur de seconde zone qui se transcende, un phénomène propre à la Coupe Davis qui n’a pas souvent servi les Bleus ces dernières années. «L'autre faisait un match incroyable et jouait de mieux en mieux. Je me demandais s'il allait s'arrêter à un moment ou à un autre. Et en fait, non, il ne s'est jamais arrêté», résume Paul-Henri Mathieu quand on lui parle de son match face à Andreev en 2005. L’Argentine présente au moins deux joueurs de ce profil. Carlos Berlocq, opposé à Tsonga vendredi après-midi, et surtout Horacio Zeballos, 39e mondial mais unique tombeur de Nadal cette saison… sur terre battue à Vina del Mar.

L’absence de Gasquet

La France a gagné son dernier match important sur terre hors de ses bases en Allemagne (2011) avec un Gasquet en pleine forme. Le numéro 2 français absent ou diminué, et l’équipe tricolore peut dire adieu à ses ambitions de victoire. Jusque-là c’était plus une évidence statistique qu’une dépendance réelle au 9e joueur mondial, loin d’être indiscutable ces dernières années. Sauf en Argentine, où Gasquet, qui joue le meilleur tennis de sa vie depuis deux mois, débarquait presque en sauveur. Mais comme souvent en Coupe Davis, le Biterrois a fini par déclarer forfait quand Arnaud Clément répétait depuis le début de semaine «qu’il pourrait tenir un match long sur n’importe quelle surface». «J'ai une lésion à la cheville droite et j'ai toujours des douleurs, tenir un match en cinq sets dans ces conditions, ç'aurait été mission impossible», a tranché le Français, demi-finaliste à Miami. Ce sera donc à Gilles Simon, qui reste sur trois défaites de rang dans l’épreuve, de faire mentir la logique.