Equipe de France: Ce qui peut sauver le soldat Benzema

FOOTBALL Muet en bleu depuis 929 minutes, l'attaquant du Real a encore quelques arguments pour occuper le poste d'avant-centre contre l'Espagne...

Romain Scotto
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L'attaquant de l'équipe de France, Karim Benzema, muet lors du match contre la Géorgie, le 22 mars 2013.
L'attaquant de l'équipe de France, Karim Benzema, muet lors du match contre la Géorgie, le 22 mars 2013. — REUTERS

La dernière fois que Karim Benzema a marqué en bleu, Didier Deschamps n’était pas encore sélectionneur de l’équipe de France. C’est dire. Lentement, l’attaquant du Real Madrid se dirige vers une période de disette d’un an en sélection. A moins que son compteur (929 minutes sans but) ne se débloque mardi contre l’Espagne. A condition qu’il ait encore la chance d’être aligné dans l’équipe de Deschamps.

Les Espagnols le craignent. Pour le côtoyer en club tous les jours, les Madrilènes savent que l’attaquant marseillais n’a pas tout perdu de ses qualités de buteur. Auteur de quinze buts toutes compétitions confondues, il était encore buteur il y a quelques semaines lors du Clasico contre le Barça. «Karim est un joueur spectaculaire, qui a des qualités incroyables. Qu'il n'ait pas marqué depuis si longtemps, c'est très étrange. J'espère qu'il ne sera pas non plus dans un bon jour contre nous, parce qu'il est un joueur très important pour l'équipe de France», redoute Santi Cazorla. Contre la «Roja», le profil de l’ancien lyonnais peut aussi être un avantage. Didier Deschamps ne se voit pas motiver son équipe en lui disant: «On défend, on défend». Mais elle devra sûrement miser sur ses contres pour viser un bon résultat. La vitesse et la capacité à jouer en profondeur de Benzema restent donc un atout de choix.

Il permet aux autres de briller. Certes l’attaquant des Bleus est «Fanny» depuis onze rencontres internationales. Mais pour le défendre, ses avocats peuvent mettre en avant ses deux passes décisives sur les six derniers matchs. Avec lui, l’équipe de France enchaîne aussi les bons résultats. «Quand vous gagnez avec un joueur, c’est qu’il a une influence positive sur l’équipe», analyse Patrice Loko, ex-buteur international (7 buts en 26 sélections) qui trouve plus d’une circonstance atténuante au buteur en panne: «Benzema arrive à fixer les défenses. Il y a toujours un ou deux joueurs sur lui car ils savent qu’il est dangereux. Je pense qu’il faut continuer à le garder. Il faudrait aussi que les joueurs qui sont là jouent un peu plus avec lui. Sans Benzema, Valbuena, Ribéry et même Giroud n’en seraient peut-être pas là.»

Il a toujours le soutien de ses coéquipiers. Sifflé par une partie du public français face à la Géorgie, l’ancien Lyonnais n’est sûrement pas insensible à ce traitement particulier. Autour de lui, ses coéquipiers font pourtant bloc pour le soutenir. «Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il va s'en sortir, assure Cabaye. On doit être derrière lui et qu'il sache qu'il a notre soutien. Il a les capacités techniques et mentales pour s'en sortir». Didier Deschamps ne s’arrête pas non plus à sa série de 46 tirs sans but sous le maillot bleu: «Karim a été touché, comme d’autres joueurs également. Mais il a suffisamment d’expérience et de maturité pour franchir cette épreuve. Il est armé pour faire face à cela.» Statistiquement, il sait aussi que plus les matchs avancent, plus il se rapproche du moment où sa série déprimante s’arrêtera. Sauf s’il est déjà condamné à sortir du onze départ.