Mondiaux de patinage: Brian Joubert, un pèlerin en reconquête
PATINAGE•Le champion du monde 2007 n'est pas attendu aux Mondiaux de London au Canada et c'est bien pour cela qu'il est dangereux...R.S.
Il n’y a rien d’infâmant pour un patineur à tourner en rond. C’est même conseillé pour être performant. En dehors des patinoires, en revanche, Brian Joubert combat la monotonie en permanence. Depuis trois ans et des Jeux Olympiques ratés, le Poitevin cherche toujours la formule idoine pour retrouver le niveau qui lui avait permis de devenir champion du monde en 2007. Changements d’entraîneurs, déménagements et apprentissage d’un nouveau programme font partie du quotidien d’un athlète qui entame mercredi les Mondiaux de London, au Canada, dans l’inconnu.
Il y a quelques semaines, Didier Gailhaguet, le président de la fédération, assurait que le patineur serait «très fort» lors de ce rendez-vous. Peut-être parce que Joubert n’est jamais aussi performant que délesté de toute pression. «Il se reconstruit depuis des Jeux de Vancouver avec les soucis du quotidien. Ce n’est pas facile pour lui de s’adapter en permanence», analyse Alban Préaubert, ancien patineur désormais consultant. A Poitiers où Joubert s’entraînait, les travaux de la patinoire municipale l’ont contraint à l’exil. D’abord à Champigny, en région parisienne, où les conditions d’entraînement ne lui ont plu qu’un temps. Puis à Paris depuis décembre où il a trouvé refuge sur la glace de Bercy.
«Brian est un patineur qu’il ne faut jamais enterrer»
Il y a encore trois mois, Joubert était pourtant SPF, sans patinoire fixe, et sans coach après sa rupture avec Annick Dumont. Comme souvent, il voulait alors retravailler avec Véronique Guyon, «son entraîneur de base, celle qui lui a tout appris. La meilleure techniquement.» Mais la coach n’a pas accepté la mission. Au final, c’est avec Katia Krier que le Poitevin a préparé son nouveau programme sur le thème de Gladiator pour ses Mondiaux.
«On ne va pas se mentir, ce n’est pas le favori de la compétition, enchaîne Préaubert. Il fait partie du groupe de dix outsiders. Il peut créer la sensation. Brian est un patineur qu’il ne faut jamais enterrer.» L’année dernière, il avait surpris beaucoup de monde en prenant la quatrième place des championnats du monde de Nice, devant le nouveau leader français, Florent Amodio. A un an des Jeux de Sotchi, il est aussi l’un des seuls athlètes, avec l’Espagnol Fernandez, capables d’annoncer un triple quad sur le papier. Glacé, évidemment.


















