Boxe, escrime, cyclisme sur piste: Ces sports olympiques qui piquent leur crise

SPORTS Sept mois après les Jeux, certaines fédérations sont dans une impasse. Ou tentent de se relever...

Romain Scotto
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La championne d'excrime française Astrid Guyart, le 2 août 2013 à Londres, lors des jeux olympiques.
La championne d'excrime française Astrid Guyart, le 2 août 2013 à Londres, lors des jeux olympiques. — A.Pizzoli/AFP

Comme un lendemain de soirée arrosée, il y a désormais plusieurs clans dans la famille du sport français. Ceux qui ont parfaitement géré les Jeux et quitté Londres aussi frais qu’ils y étaient arrivés. Et ceux qui ont beaucoup plus de mal à encaisser les écarts de l’été dernier. Les conflits personnels, l’absence de résultats ou le manque de moyens secouent en haut lieu certaines fédérations, dont la boxe, l’escrime et le cyclisme sur piste. Entre le règlement de compte d’un escrimeur avec son entraîneur par presse interposée et la démission de l’entraîneur national des pistards, la situation n’est pas vraiment comparable. Pourtant, toutes les fédérations en crise connaissent quelques problèmes communs, admet Denis Masseglia, le président du comité olympique français (CNOSF).

Après les Jeux, aucun débriefing général n’a été réalisé, ce qui s’explique en partie par le renouvellement des organigrammes au sein de chaque fédé. La boxe s’est récemment dotée d’un nouveau président, tandis que le cyclisme a reconduit le sien. Mais du côté de l’escrime, l’élection n’est prévue que le 16 mars. «Les présidents ont différentes propositions à émettre concernant le haut niveau», indique Masseglia. Celles de David Lappartient, le boss de la fédération de cyclisme, n’ont d’ailleurs pas plu à Florian Rousseau, qui a rendu sa casquette d’entraîneur national.

Suivre l’exemple de la natation et du judo

En haut lieu, une question s’impose pour tous désormais. «Comment fait-on pour que ce qui a bien marché dans certaines fédés puisse être transposé dans d’autres? C’est un vrai problème», poursuit Masseglia. A Londres, deux bons élèves sont révélés: la natation et le judo, tous deux couverts de médailles. Pour l’un comme pour l’autre, la mise en concurrence des athlètes a été privilégiée depuis plusieurs années. «Je crois que ce qui a fait défaut dans les fédérations qui n’ont pas eu les résultats escomptés, c’est cette absence de remise en cause», analyse le président du CNOSF, actuellement en campagne pour un second mandat.

Selon lui, le rôle du comité olympique est de fédérer les acteurs pour que tout le monde bénéficie des facteurs d’optimisation de la performance. La discussion ne doit pas se circonscrire aux seuls techniciens. «Les présidents de fédération, voire de club devraient être impliqués. Il faut sortir de la dualité mouvement sportif-Etat. Et il ne s’agit pas forcément de copier un modèle étranger.» Au hasard, la Grande-Bretagne. Une nation qui a fait sauter tous les compteurs avec un budget inférieur à celui de la France et une structure déconnectée de l’Etat.