Dakar 2013: Vétérans d'Afghanistan, amputés et au volant

RALLYE Quatre voitures d'anciens militaires américains et britanniques sont engagées sur le Dakar...

Antoine Maes

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Tony Harris présente sa prothèse de jambe devant toute son équipe, le 5 janvier 2013, à Lima, avant le départ du Dakar 2013.
Tony Harris présente sa prothèse de jambe devant toute son équipe, le 5 janvier 2013, à Lima, avant le départ du Dakar 2013. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Pisco (Pérou)

En bons britanniques, l’idée leur est venue, «autour d’un thé». Mais pas dans un pub londonien. Non, dans un centre de réhabilitation de l’armée britannique. Car l’écurie «Race to Recovery», qui engage quatre voitures, est constituée de vétérans anglais et américains des guerres d’Irak et d’Afghanistan ayant perdu un ou plusieurs membres au combat. Le but n’est évidemment pas de gagner, «mais de montrer que malgré une amputation, la vie continue», explique Cathy Derousseaux, copilote d’un des véhicules et seule francophone du groupe.

«On a été pris dans une embuscade, et notre véhicule a sauté sur une bombe»

Assis à côté d’elle pendant le Dakar, il y a le capitaine Tony Harris. Lui a perdu une jambe au combat en Afghanistan. «On a été pris dans une embuscade, et notre véhicule a sauté sur une bombe», raconte-t-il. Si la perte de sa jambe gauche lui impose un dispositif un peu spécial au niveau de l’embrayage, rien d’autre n’est venu l’aider à effacer son handicap. «On a cherché quelque temps un sport ou valides et invalides courent dans la même catégorie. Et puis on a fini par choisir la course la plus difficile du monde», sourit-il. Avec un parrain de choix: le Prince Harry lui-même, qui a aussi servi en Afghanistan.

«Lartigue nous a donné un seul conseil: don’t crash»

Aussi «difficile», soit-il, le Dakar paraît assez simple pour des anciens militaires ayant connu l’épreuve du feu. «C’est sûr qu’on risque un peu de moins de se faire tirer dessus», rigole Harris, dont la voiture est décorée du traditionnel «Poppy» (coquelicot), symbole du souvenir des Anglais à leurs combattants. Selon lui, le plus dur sera de tenir un rythme pas trop élevé. «On est des soldats, donc on veut toujours foncer. Alors quand on va se faire doubler par des gens plus rapides que nous, faudra surtout pas qu’on essaie d’accélérer pour se les faire», insiste Harris. Sa prudence, il la tire du parrain de sa copilote, un certain Pierre Lartigue, trois victoires sur le Dakar. «Il nous a donné un seul conseil: don’t crash». Cette fois, au moins, ce ne serait pas à cause d’une bombe.

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