Match truqué: Les frères Karabatic sauvés par un flou juridique?

HANDBALL Un manque de précision dans les textes pourrait conduire à l'annulation de toute la procédure...

J.L
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Nikola et Luka Karabatic lors du match PSG - Montpellier, le 30 septembre 2012.
Nikola et Luka Karabatic lors du match PSG - Montpellier, le 30 septembre 2012. — FRANCK FIFE / AFP

Et si le plus gros scandale du handball français se terminait en queue de poisson? Selon Le Point.fr, Luc Abratkiewicz et Isabelle Monsenego, deux avocats montpelliérains chargés de la défense de Mladen Bojinovic, auraient trouvé une faille importante dans la procédure lancée contre certains joueurs montpelliérains pour avoir parié sur un match de championnat contre Cesson en fin de saison dernière.

Selon les deux avocats, rien dans les textes de loi ou les différents règlements de la fédération française de handball ne spécifierait autre chose que l’interdiction des paris en ligne pour les joueurs et leur entourage, alors que l’affaire concerne ici des paris «en dur» puisque effectués dans des bureaux de tabac. Un flou juridique qui pourrait conduire à l’effondrement de toute la procédure, au moins sur le plan pénal, alors que la cour d'appel doit statuer mardi sur l'allégement du contrôle judiciaire dont font l'objet les joueurs mis en examen pour escroquerie.

Une procédure sur le point de s’effondrer?

Bientôt saisie d’une requête en annulation de la mise en examen de Mladen Bojinovic, la chambre d’instruction pourrait donc donner une nouvelle tournure à cette affaire: «Si la chambre valide notre analyse, alors les seuls risques encourus par les handballeurs ne sont pas pénaux ni sportifs. Ils relèvent du seul droit du travail» explique Me Luc Abratkiewicz, puisque seul le chef d’accusation pour «escroquerie ou complicité d’escroquerie» a été retenu à l’encontre des prévenus, et non celui de «corruption». En effet, les joueurs de Montpellier doivent respecter une clause dans leur contrat qui leur interdit de parier sur des matchs de championnat. Sauf que selon l’avocat, le club de Montpellier n’est pas non plus exempt de tous reproches : «Patrice Canayer et Rémi Lévy ont été mis au courant de l'enquête et interrogés dès le mois de juin. Ils avaient deux mois, selon le code du travail, pour signifier à leurs employés un problème et rien n'a été fait.» Bref, voir Nikola Karabatic et les autres s’en sortir sans trop de dommages n’est plus à exclure.