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Pourquoi les astronautes de l’ISS ont probablement une moins bonne connexion Internet que vous
wi-fi spatial•Le débit Internet disponible dans la Station spatiale internationale permet à ses occupants de communiquer avec leur famille et d’écouter de la musique, mais la connexion est limitée car d’autres données sont prioritairesManon Minaca
L'essentiel
- L’ISS est connectée à Internet via sept satellites en orbite géostationnaire, qui offrent un débit de 50 Mbps en réception et de 3 Mbps en émission.
- Les astronautes peuvent s’y connecter comme à un réseau Wi-Fi, avec cependant des restrictions liées notamment à la bande passante disponible.
- Des coupures de cinq à quinze minutes peuvent également survenir quand la Station spatiale internationale change de satellite ou lorsque celui-ci est utilisé pour d’autres besoins.
«Allez la France ! Allez les Bleus ! » Depuis l’ISS, l’astronaute française Sophie Adenot a montré, fin juin, ses talents de footballeuse et souhaité bonne chance à l’équipe de France de football pour la fin de la phase de groupes de la Coupe du Monde. Un événement qui « nous [rassemble], nous [fait] vibrer au même rythme, et nous [rappelle] la force du collectif », « jusque dans l’espaaaaace », s’enthousiasme la Française. Les astronautes sont effectivement loin d’être déconnectés de la Terre grâce à la connexion Internet de l’ISS. Mais Sophie Adenot pourrait-elle, si elle le voulait, regarder le quart de finale des Bleus contre le Maroc, ce jeudi 22 heures ?
« Techniquement, oui », répond à 20 Minutes Alexander Karl, ingénieur Eurocom – l’interface entre les astronautes et les équipes au sol – à l’Agence spatiale européenne (ESA). « Parfois, des matchs spéciaux sont transmis à l’ISS pour que [les astronautes] puissent les regarder le week-end, par exemple. » Thomas Pesquet, grand supporter du Stade Toulousain, avait ainsi regardé, depuis l’espace, la finale du Top 14 en 2021, remportée par les Rouge et Noir. Pour les films, en revanche, pas besoin de connexion Internet puisque le laboratoire orbital dispose d’une cinémathèque dans laquelle ses occupants peuvent piocher pour se divertir.
Des coupures de connexion régulières
L’ISS est connectée à Internet quasiment en permanence grâce à sept satellites de suivi et de relais de données (TDRS), situés en orbite géostationnaire – bien au-dessus de la station spatiale. Ce système sert d’intermédiaire entre la Terre et plus de vingt-cinq missions spatiales, dont le télescope Hubble.
« En général, la connexion durant les heures d’éveil est assez bonne », explique Alexander Karl. Il arrive cependant qu’il y ait des périodes de black-out, notamment « lors d’un changement de satellite quand l’ISS est sortie du champ de vision » de celui qu’elle utilisait. C’est aussi le cas quand « le satellite est utilisé pour d’autres besoins ». Dans ce cas, la coupure de connexion peut durer cinq à quinze minutes en moyenne, précise l’ingénieur à l’ESA.
Un réseau Wi-Fi « comme à la maison »
En dehors de ces périodes, les satellites offrent une vitesse de réception des données de 50 Mbps et une vitesse d’émission de 3 Mbps. Cette connexion est utilisée « principalement pour transmettre des données scientifiques ». Les astronautes peuvent tout de même s’y connecter « sur leur temps libre, pour communiquer avec leur famille et leurs amis, écouter de la musique en streaming, s’informer, écrire des mails, etc. », liste le représentant de l’ESA.
Leur connexion, assurée par le réseau Wi-Fi de l’ISS « comme à la maison », n’est cependant pas illimitée. Alexander Karl évoque des « restrictions » en raison de la bande passante limitée, qui est utilisée en priorité pour certaines données, ainsi que pour des raisons de cybersécurité. « Le plus important est que [cette connexion] leur donne accès à leur famille et leurs amis », explique l’ingénieur à l’ESA.
Pour assurer une bonne connexion, Sophie Adenot a d’ailleurs remplacé, début juin, l’infrastructure chargée d’assurer les communications et la transmission des données avec les équipes au sol via le réseau local ou Wi-Fi. « Concrètement, c’est comme remplacer sa box Internet par un système de nouvelle génération : plus rapide, plus puissant, plus fiable ! », détaille l'astronaute. De quoi, on l’espère, regarder les Bleus en finale de la Coupe du monde depuis l’ISS le 19 juillet ?


















