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Qui est Sophie Adenot, la Française qui ira dans l'espace en 2026 ?

Qui est Sophie Adenot, la spationaute française qui décollera pour l’ISS en 2026 ?

cap sur l’espaceL’Agence spatiale européenne a annoncé ce mercredi que la Française serait la première de la promotion 2022 à s’envoler pour la Station spatiale internationale, en 2026.
Manon Minaca

Manon Minaca

L'essentiel

  • L’Agence spatiale européenne a annoncé ce mercredi l’affectation de la spationaute française Sophie Adenot à sa première mission dans la Station spatiale internationale, en 2026.
  • Cette nouvelle étape concrétise le « rêve de petite fille » de la deuxième femme spationaute française, dont la carrière a toujours été tournée vers les airs et l’espace.
  • « 20 Minutes » dresse le portrait de la quadragénaire, qui devrait bientôt partir à Houston, aux Etats-Unis, pour poursuivre son entraînement et se préparer à sa mission dans l’ISS.

Les étoiles se rapprochent pour Sophie Adenot. L’astronaute française, sélectionnée en 2022 et diplômée il y a un mois jour pour jour, a été affectée à sa première mission et devrait décoller pour la Station spatiale internationale (ISS) en 2026, a annoncé le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, lors du Conseil de l’espace qui se tient à Bruxelles ce mercredi et jeudi.

Raphaël Liégeois, spationaute de réserve belge, a aussi été affecté à une mission en 2026, mais « Sophie sera la première à voler », a précisé Josef Aschbacher. Dans une vidéo de l’ESA, la Française de 41 ans, qui est la première de sa promotion, avec son collègue belge, à être affectée à une mission dans l’espace, s’est dite « très heureuse » de la nouvelle, qui concrétise « toutes ces heures d’entraînement ». Mais pas seulement.

Un « rêve de petite fille »

Car être spationaute « est un rêve de petite fille », avait-elle déclaré sur le plateau du « 20 Heures » de France 2 le jour de l’annonce de sa sélection, le 23 novembre 2022. Dans sa chambre d’enfant, un seul poster : celui d’une fusée, s’était-elle amusée sur BFMTV à la même période.

A l’origine de ce rêve, une autre spationaute française, la seule avant elle : Claudie Haigneré, qui a réalisé deux missions spatiales, en 1996 et 2001. « J’avais 14 ans quand elle a fait son premier voyage dans l’espace, et ça a clairement été un déclencheur pour moi », racontait-elle à France 2. « Lorsqu’elle a décollé, je me suis dit : "A partir de maintenant, je fais tout ce qu’il faut pour arriver là" », avait-elle aussi confié à BFMTV. Et tout ce qu’il faut, elle l’a fait, car toute sa carrière a été dirigée vers l’objectif de devenir astronaute.

Première femme pilote d’essai d’hélicoptères en France

Passionnée d’aéronautique grâce à son grand-père, qui lui « a donné son amour des machines parce qu’il était mécano dans l’armée de l’air » comme elle l’évoque dans un portrait que lui a consacré le ministère des Affaires étrangères en 2022, Sophie Adenot est diplômée en 2003 de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace de Toulouse (comme son collègue Thomas Pesquet). En 2004, elle obtient un master du MIT en science des facteurs humains aéronautiques et spatiaux. Elle a ensuite travaillé un an chez Airbus Helicopter en tant qu’ingénieure dans le domaine de la conception des cockpits.

Les hélicoptères vont être un fil rouge de sa carrière par la suite : en 2005, elle intègre l’armée de l’air et devient pilote, on vous le donne dans le mille, d’hélicoptères. Gravissant les échelons, elle rajoute un titre à son palmarès en 2019 en devenant la première femme pilote d’essai sur hélicoptère en France, une réussite motivée par son esprit de compétitrice. « Il n’y avait jamais eu de femme, mais je me suis dit "ok, qu’est-ce que je fais de cette information ? Je vais travailler et je vais voir si je peux acquérir les compétences nécessaires, peu importe si je suis une femme ou pas." C’était un peu un challenge de Sophie versus Sophie », peut-on encore entendre dans son portait. Un caractère nécessaire pour devenir astronaute, alors qu’elle a été sélectionnée parmi 22.500 postulants.

Une vie bien remplie

Amatrice de sensations fortes, Sophie Adenot a, en parallèle de sa carrière, d’autres casquettes et diplômes. La liste est longue : brevet de parachutisme militaire, licences de pilote d’avions légers et de planeurs, présentatrice de conférences de vulgarisation scientifique, férue de sports de montagne et de plongée sous-marine, prof de yoga certifiée… « J’aime l’aventure, j’aime l’adrénaline et j’aime aller chercher mes limites », confiait-elle à RTL en début d’année.

Pas étonnant, donc, que celle qui est aussi maman d’un petit garçon soit devenue spationaute : « J’aime voir comment on affronte l’inconnu, comment on réagit en milieu hostile, et à chaque fois j’ai l’impression de progresser, j’adore ça. » En résumé : « J’aime apprendre, c’est l’histoire de ma vie, finalement. »

Direction Houston

Son apprentissage va continuer à Houston, aux Etats-Unis, pour la préparation à sa mission à bord de l’ISS. « Deux ans pour passer tous mes modules et toutes mes qualifications avant d’être à même de décoller, ça va être intense, mais je suis prête, ça va être chouette, déclare-t-elle dans la vidéo de l’ESA diffusée après l’annonce de son affectation. Beaucoup de boulot nous attend [avec Raphaël Liégeois], mais on est ultramotivés pour la suite. » Une suite qui implique l’ISS, mais aussi peut-être, un jour, la Lune et les missions Artemis.