Une étoile supergéante a subitement et mystérieusement disparu
ASTRONOMIE•Une étoile supergéante de la galaxie d’Andromède a disparu entre 2014 et 2024 sans explosion visible, selon une étude publiée début févrierL.G.
Une étoile supergéante de la galaxie d’Andromède, identifiée sous le nom M31-2014-DS1, a disparu entre 2014 et 2024, passant du statut d’astre très lumineux à celui d’objet indétectable. Cette évolution a été mise en évidence grâce aux archives du télescope infrarouge Neowise de la Nasa, analysées par une équipe dirigée par l’astronome Kishalay De. La découverte, publiée début février 2026 dans la revue Nature et relayée par Le Figaro, constitue l’un des cas les plus intrigants jamais observés concernant la fin de vie d’une étoile massive.
Les données montrent que la luminosité visible de l’étoile a chuté d’un facteur d’environ 10.000 en dix ans, sans qu’aucune explosion de supernova ne soit détectée. Les chercheurs privilégient l’hypothèse d’un effondrement gravitationnel direct ayant conduit à la formation d’un trou noir. Dans ce scénario, le cœur de l’étoile cesse toute fusion nucléaire et s’effondre sous son propre poids. Le gaz environnant tombe ensuite progressivement vers le centre, libérant une énergie qui peut être absorbée par la matière environnante.
L’étoile pourrait toujours exister
Les observations infrarouges confirment la présence d’un cocon dense de poussières autour de l’objet disparu. Ce nuage aurait absorbé l’énergie libérée lors de l’effondrement avant de la réémettre sous forme de rayonnement infrarouge, expliquant l’augmentation du signal dans cette gamme de longueurs d’onde entre 2012 et 2017, suivie d’une diminution progressive. En revanche, les astronomes n’ont pas détecté les rayons X habituellement associés à la formation d’un trou noir.
Notre dossier EspaceCertains chercheurs estiment que l’étoile pourrait toujours exister, dissimulée derrière un écran de poussières, ou qu’un autre phénomène, comme une fusion stellaire, pourrait expliquer les observations. Des observations, notamment avec le télescope James Webb, seront nécessaires pour confirmer si M31-2014-DS1 constitue le premier exemple observé de formation directe d’un trou noir sans explosion, un phénomène longtemps prédit mais jamais clairement documenté.


















