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Pollution aux microplastiques : Pourquoi les randonneurs sont pointés du doigt
ENVIRONNEMENT•Une récente étude suggère que les chaussures de randonnée à semelles souples et les vêtements synthétiques pourraient contribuer à la pollution aux microplastiques des milieux naturels fréquentés par les marcheurs20 Minutes avec agence
Si la randonnée est une façon de se reconnecter avec la nature, elle amènerait aussi à polluer davantage l’environnement. Via leurs vêtements synthétiques et leurs chaussures souples techniques, des marcheurs ont ainsi contribué à faire augmenter le taux de microplastiques dans les eaux des lacs de la région des Adirondacks (États-Unis). C’est ce qu’affirme une étude commandée par l’association à but non lucratif Adirondack Hamlet to Huts, relayée par The Guardian ce lundi.
Deux sites différents
Pour arriver à cette conclusion, les auteurs des travaux menés en collaboration avec l’entreprise Evergreen Business Analytics ont mesuré les niveaux de microplastiques dans deux lacs qui sont parmi les principales sources d’eau de la rivière Hudson. L’un d’eux, le lac Tear of the Clouds, situé à environ 1 300 m d’altitude, est fréquenté par des dizaines de milliers de randonneurs chaque année. L’autre, le Moss Pond, est beaucoup plus isolé et éloigné des sentiers.
Les échantillons prélevés présentaient des différences notables. Le lac le plus fréquenté affichait ainsi un taux de microplastiques 23 fois supérieur à l’autre. Au-delà, en comparant l’eau du lac Tear of the Clouds en 2025 avec les relevés de 2023, l’étude a indiqué que le taux de microplastiques dans le plan d’eau aurait augmenté d’environ 75 % en seulement deux ans.
Un responsable tout trouvé
Ces résultats ont surpris les scientifiques, qui s’attendaient surtout à détecter une pollution due aux dépôts atmosphériques. Ils ont donc cherché ce qui pouvait être la cause de tels écarts. Et rapidement, le matériel des marcheurs a été pointé du doigt. Les chaussures de randonnée à semelles souples peuvent en effet libérer des microplastiques similaires à ceux des pneus. Des recherches antérieures avaient d’ailleurs montré que jusqu’à 70 % des microplastiques présents dans les échantillons océaniques provenaient de vêtements synthétiques.
« C’est une explication raisonnable qui est étayée par les données », a estimé Sami Romanick, spécialiste des microplastiques au sein de l’organisation à but non lucratif Environmental Working Group. À la lumière de leurs résultats, les chercheurs souhaitent donc alerter le public et les industriels. Les randonneurs soucieux de ne pas libérer trop de microplastiques dans la nature peuvent déjà opter pour des chaussures à semelles en caoutchouc dur et des vêtements en fibres naturelles.



















