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L’Europe finira-t-elle par bannir de l’espace public les lunettes connectées ?

L’Europe finira-t-elle par bannir de l’espace public les lunettes connectées ?

caméras cachéesLa colère commence à monter en Europe contre les lunettes connectées, utilisées pour filmer des femmes et des enfants à leur insu, nourrissant des appels à les bannir des espaces publics, voire à en interdire la vente
Des femmes sont draguées en étant filmées à leur insu via des lunettes connectées
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Bardées de capteurs, caméras, haut-parleurs et dont les verres servent aussi d’écran, les lunettes connectées sont vues depuis des années par les gourous de la tech comme la nouvelle révolution dans les objets « intelligents », après les montres et bracelets.

Loin d’être un gadget pour les « geeks », le groupe américain Meta en a fait un accessoire de mode. Après des partenariats avec des marques comme Ray-Ban et Oakley, Meta a recruté cet été Kylie Jenner, et sorti une nouvelle monture capable, grâce à l’IA, de reproduire la voix de cette superstar des réseaux. D’autres groupes s’intéressent d’ailleurs à ce marché, notamment Google et Snap.

Premières mesures en Norvège

Mais alors que les ventes commencent à décoller un peu partout, un retour de bâton s’opère en Europe. Au Royaume-Uni, des médias ont sonné l’alarme tout l’été contre ces « lunettes perverses » et leurs dangers.

En France, l’association e-Enfance s’est insurgée cette semaine contre des vidéos humiliantes filmées avec des lunettes connectées et diffusées en ligne. Elle dit avoir reçu, via la plateforme d’écoute des victimes de violences numériques (le 3018), une vingtaine de signalements de femmes filmées sans leur consentement, la plupart par des créateurs de contenus dans des situations embarrassantes.

En Norvège, la ville d’Oslo a décidé, cette semaine, de bannir les lunettes équipées de caméras dans les établissements scolaires. Le pays envisage plus généralement d’interdire les fonctions de reconnaissance faciale sur ces appareils.

Meta, tout en défendant les innovations apportées par ses montures, rappelle avoir instauré des garde-fous pour empêcher les utilisateurs de filmer des personnes en secret. Le groupe souligne que « chaque paire est équipée d’une lumière LED qui clignote quand vous filmez ou prenez des photos, et qu’on ne peut pas éteindre, ce qui n’existe pas sur les téléphones ou d’autres formes de caméras ».

Un rapport de l’Europe attendu à l’automne

L’eurodéputée slovaque, Veronika Cifrova Ostrihonova, dit avoir interpellé la Commission européenne dès les premiers témoignages d’incidents, pour vérifier si les montures connectées respectaient les règles des 27 en matière de protection des données et d’IA.

« J’attends toujours une réponse », confie l’élue centriste, soulignant que les femmes « ne devraient pas avoir à s’inquiéter en permanence d’être potentiellement filmées à leur insu ». Elle plaide pour « une réglementation européenne qui protège » et qui soit appliquée « avec fermeté ».

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De son côté, Bruxelles précise que c’est aux autorités nationales qu’il revient de faire respecter les règles européennes sur la protection des données. Par ailleurs, le Comité européen de la protection des données, organisme indépendant, prépare un rapport pour cet automne sur « l’acceptabilité sociale » des lunettes « intelligentes ».