La Machine : Lancé à la rentrée, ce boîtier plein d’électronique ne servira à rien, mais va (sans doute) cartonner !
OBJET DÉCONNECTÉ•En actionnant son levier, on ne sait pas ce qui va se passer… et c’est ça qui est bien aussiChristophe Séfrin
L'essentiel
- Reprenant et renouvelant le concept de « La Machine ultime », imaginée en 1952 par Marvin Minsky, l’un des pères de l’intelligence artificielle, « La Machine » verra prochainement le jour.
- Sous forme de boîte que certains comparent déjà avec la « boîte à coucou » de Johnny, à l’époque des Guignols de l’info sur Canal+, elle réagira à chaque interaction avec des sons et des mouvements de son mécanisme.
- Créée par Olivier Mével, le papa du lapin connecté Nabaztag en 2005, « La Machine, » qui sera vendue 79 euros, s’annonce d’ores et déjà comme parfaitement inutile… d’où son côté indispensable.
Réveillez les geeks ! La Machine vient de se mettre en marche. La Machine ? Une petite boîte jaune, avec un levier rouge que l’on active lorsque désiré, et un capot noir qui s’ouvre quelques secondes pour… pour pas grand-chose, en fait ! Malgré sa parfaite futilité et son inutilité crasse, l’appareil, imaginé par Olivier Mével (l’un des pères français des objets connectés), risque pourtant de cartonner. 20 Minutes vous explique pourquoi.
À l’origine, le lapin Nabaztag…
Si vous lisez 20 Minutes depuis son origine (bref, si vous avez plus de 20 ans !), le nom de Nabaztag vous dit sans doute quelque chose. Reconnu comme l’ancêtre des objets connectés, le lapinou lumineux dont les oreilles bougeaient, se connectait à Internet. Selon la programmation que l’on en effectuait sur le Web, il pouvait donner la météo, lire nos mails, les titres de la presse, chanter, etc. Attention, on est en 2005 : pas d’application, ni de smartphone alors, c’était la préhistoire de la tech ! Co créateur du lapin pas trop crétin (car visionnaire !), Olivier Mével revient.
Ce « maker » n’a d’ailleurs jamais désarmé après l’euthanasie du léporidé, après la liquidation en 2011 de la société Violet qui en était à l’origine (lire encadré). Aujourd’hui à la tête de « Multiplié », une « maison d’édition d’objets technologiques », Olivier Mével a déjà lancé Minimit, un petit boîtier qui permet de redonner vie au Minitel. Ou encore Nanika, un robot autonome co-dévelopé avec la céramiste et architecte Laetitia Perrin. Des petites choses souvent poétiques, vouées à n’être vendues qu’en direct et en petites séries. La Machine sera de ceux-là !
Un hommage à une machine qui date de 1952
Vieux projet d’Olivier Méviel, cette boîte se veut un hommage à « la Machine ultime » inventée en 1952 par Marvin Minsky, aujourd’hui considéré comme un pionnier de l’intelligence artificielle. Il avait alors imaginé une boîte en bois munie d’un interrupteur.
Lorsque actionné, un couvercle se soulevait, une petite main apparaissait et venait éteindre l’interrupteur ! Un concept « shadokien » avant l’heure qui fit dire à Arthur C. Clarke, l’un des papes de la science-fiction : « Il y a quelque chose d’indiciblement sinistre dans une machine qui ne fait rien, absolument rien, si ce n’est s’éteindre »…
La Machine concoctée par Olivier Mével ira, elle, un peu plus loin. Si l’appareil, qui fonctionnera sur batterie, pourra aussi s’éteindre tout seul comme celui de Minsky, il proposera en outre bien d’autres animations, mécaniques et sonores, courtes ou longues. À chaque interaction avec lui, ce sera un peu ambiance « pochette-surprise ». D’où une parfaite inutilité de l’objet. Ce qui le rendra forcément indispensable !
Notre dossier «Objets connectés»Dessinée par les Français d’Elium Studio (on leur doit le design des appareils de la marque Lexon, Withings, de la Freebox Pop…), La Machine a entamé son programme d’évangélisation auprès des foules. Après une campagne d’annonces sur Facebook aux Etats-Unis, Olivier Mével cible cet été les abonnés de Facebook en France pour leur annoncer la bonne nouvelle et l’arrivée prochaine de celui qu’il nomme « l’objet le plus inutile et addictif ». Accessoirement, il les invite à commander leur exemplaire dès le 9 septembre à 9 heures, pour une livraison en… février 2026 !
Sur le réseau de Meta, les premiers commentaires vont de l’enthousiasme total (« Je veux la mienne », commente Daniel), à l’indifférence complète (« Aucun intérêt », résume Yves), en passant par le cynisme froid (« J’ai déjà Windows, merci », tacle Maximilien). Beaucoup comparent aussi La Machine à la « boîte à coucou », jadis gadget fétiche de la marionnette de Johnny dans l’émission Les Guignols de l’Info sur Canal+. L’expression « Ah que coucou ! » a depuis fait son chemin…
Olivier Mével compte, lui, sur l’engouement d’au moins 2.500 acheteurs, deus ex machina, prêts à appuyer sur le bouton pour investir 79 euros (le prix de La Machine) pour pouvoir lancer sa production… en Normandie ! Le potentiel est là. Des petites boîtes comme la sienne existent par ailleurs et ont même leur store dédié.


















