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Un an après sa «mort», le Nabaztag bouge encore les oreilles

Un an après sa «mort», le Nabaztag bouge encore les oreilles

HIGH-TECH – Coupés de leur serveur originel, les lapins wi-fi survivent mais ne sont plus très nombreux…
Christophe Quélais

Christophe Quélais

«Nos lapins sont bien vivants», affirme un propriétaire de Nabaztag sur le forum qui leur est dédié. Et pourtant, il y a un an, ces robots à grandes oreilles connectés au Web ont bien failli y passer. Mindscape, aux commandes des serveurs, n’était plus en mesure de les financer et, sans serveurs, ces petites bêtes bavardes ne sont plus capables de rien. «Pour la majorité des passionnés, le Nabaztag n’est jamais mort», tempère Pixel du Rezo, qui gère l’un des serveurs alternatifs. En effet, certains systèmes existaient déjà avant l’arrêt. Selon Mindscape, 150.000 Nabaztag auraient été vendus. Aujourd’hui, il en reste un peu plus de 3.000 à fonctionner, sur trois grandes familles de serveurs.

L’officiel. Lancé à Noël 2011 par Aldebaran Robotics (société connue pour son robot Nao), Nabaztag.com est aujourd’hui le plus utilisé, avec environ 2.500 lapins connectés. Fini la commande vocale, la trentaine d’applications (horloge, météo, humeurs, lecture de flux RSS…) sont majoritairement activées par une puce RFID. «La décision a été prise de développer des serveurs en interne car les serveurs OpenJabNab avaient des problèmes de performance et surtout de fiabilité», explique Jeanne Vaguelsy, responsable marketing chez Violet, filiale d'Aldebaran. De leur côté, les utilisateurs d’OpenJabNab reprochent à Aldebaran un support très limité, renvoyant vers… le forum des utilisateurs. A présent, Aldebaran mise avant tout sur le Karotz, plus évolué que son prédécesseur, précise Jeanne Vaguelsy. La question d’une convergence entre les Nabaztag et les Karotz a été «mise de côté pour le moment» car elle est «techniquement compliquée et très coûteuse».

Les serveurs sous OpenJabNab. Gérés par des informaticiens passionnés, ces serveurs gratuits utilisent tous le même code, OpenJabNab. Les deux plus importants, ojn.psnet.fr et lapinlibre.net, comptent en tout quelque 380 lapins connectés. «Nos applications proposent pour la plupart plusieurs types de déclenchement, souligne Alexis Mellone dit Pixel du Rezo, ce qui est apprécié des utilisateurs de la première heure.» En effet, ceux-ci ne disposent pas toujours des gadgets RFID indispensables pour les applications de Nabaztag.com. Et à ceux que la complexité de l’interface a pu rebuter, Pixel du Rezo annonce une refonte de son site pour cette fin juillet. Il estime en outre que, par rapport aux serveurs officiels précédents, «les plantages actuels [sous OpenJabNab] sont vraiment minimes». Par ailleurs, «OpenJabNab tourne très bien sur de petits serveurs, donc ils ne sont pas trop onéreux». Cependant, «on a tous une activité principale qui passe avant les Nabaztag et les nouveautés sont longues à sortir». La publication du code source des Nabaztag par Mindscape, il y a un an, a en effet permis aux serveurs alternatifs de proposer de nouvelles fonctions et de développer des applis de gestion depuis un smartphone.

Les autres. Le serveur Nabizdead s’éloigne du concept initial. Sorte de Twitter vocal, il propose près de deux cents services, auxquels on souscrit ou non en actionnant les oreilles mobiles du lapin. Selon son cofondateur Sylvain Huet, également créateur du projet Nabaztag, 500 lapins sont actuellement connectés à son serveur, dont le coût de fonctionnement est minimisé. Le serveur Opennag, lui, permet d’envoyer des messages écrits que le lapin destinataire va lire. Ce site ne présente pas de chiffres de connexion.