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La commissaire européenne saisie dans l’affaire des images dénudées de l’IA Grok

Images dénudées de l’IA Grok : La Haute-commissaire à l’Enfance française a saisi la commissaire européenne

DÉRIVESDébut janvier 2026, l’IA a promis qu’elle empêcherait la génération de contenus pédopornographiques
Des fausses vidéos sexuelles de mineurs générées par Grok
Olivier Mimran

O.M. avec AFP

Elle passe à l’offensive : la Haute-commissaire à l’Enfance française, Sarah El Haïry, a saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique sur la fonctionnalité de Grok permettant de générer de fausses images de personnes dénudées, qui tombe sous le coup de réglementations européennes, a-t-elle indiqué au Parisien.

« J’ai saisi la justice française, a-t-elle déclaré, ainsi que l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel) et (la plateforme de signalement des contenus illégaux sur Internet) Pharos, parce qu’il y a des contenus à faire retirer immédiatement ».

Une fonction qui s’affranchit des lois

« Surtout, j’ai saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique parce que ça tombe sous le coup du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) et du règlement sur les marchés numériques (DMA), aussi bien dans le cas de Crans Montana que sur le fait de dénuder des enfants et de faire des images pédocriminelles », a-t-elle ajouté dans une interview publiée mardi 13 janvier 2026.

Et d’insister auprès du quotidien : « Ça tombe sous le coup de la loi ! On a l’impression que c’est tellement puissant qu’on ne peut pas l’interdire, mais c’est faux. Une IA qui déshabille des enfants n’a rien d’un jeu ! C’est hors la loi ».

Un concert de manifestations d’indignation

Un mouvement d’indignation internationale grandit autour de l’assistant IA du réseau social X qui permet de dénuder des personnes réelles à partir de photos ou vidéos. L’Indonésie et la Malaisie ont suspendu l’accès à Grok ce week-end et Londres a durci le ton, lundi 12 janvier, contre le réseau social d’Elon Musk, avec l’ouverture d’une enquête sur les images à caractère sexuel issues de Grok.

Sous le feu des critiques, Grok a désactivé vendredi 9 janvier sa fonctionnalité de création d’images pour les utilisateurs non payants. « Un premier pas » pour Roland Lescure, le ministre français chargé de la souveraineté numérique, mais une décision « insuffisante et hypocrite » selon la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff. « Ce ne doit être possible pour personne, en payant ou non », a lancé la Haute-commissaire à l’Enfance dans Le Parisien.

L’ire de Trump

La régulation des géants de la tech est, depuis quelques mois, l’objet de tensions croissantes entre le président US Donald Trump et l’Europe – tout particulièrement l’Union européenne, accusée de « brimer » le développement des entreprises américaines.

Notre dossier « Intelligence artificielle »

Bruxelles, qui a annoncé jeudi 8 janvier 2026 avoir imposé à X une mesure conservatoire à la suite du scandale Grok, avait infligé début décembre 2025 une amende de 120 millions d’euros au réseau, malgré les menaces récurrentes du président étasunien.