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Que valent les nouvelles Spectacles, les lunettes en réalité augmentée de Snapchat ?
Plein les yeux•Snapchat compte bientôt lancer son nouveau modèle des Spectacles, ses lunettes de réalité augmentée. La technologie est encore loin d’atterrir dans les mains du grand public, mais pourrait se montrer intéressante dans le secteur culturelQuentin Meunier
L'essentiel
- Snapchat nous a fait tester son nouveau modèle de lunettes en réalité augmentée, les Spectacles 5, dans son « AR studio » à la Station F à Paris, offrant diverses applications comme le dessin, l’éducation et les jeux.
- L’entreprise mise particulièrement sur les usages culturels et pédagogiques de ses lunettes, les présentant comme une alternative potentielle aux audioguides traditionnels dans les musées.
- Antoine Gilbert, manager du AR Studio de Snapchat, affirme que « contrairement à la vidéo ou même la réalité virtuelle, on superimpose des informations à la réalité, l’utilisateur ne détourne pas le regard », voyant dans ces lunettes « le smartphone de demain ».
Nichée dans l’enceinte de la Station F, l’incubateur de start-up parisien, Snapchat dispose de son « AR studio ». C’est dans cet espace, entre salles de réunion et un espace de réception façon cafétéria de start-up, que l’application aux 21 millions d’utilisateurs mensuels en France fait tester son futur produit : les Spectacles 5, nouveau modèle dans leur gamme de lunettes en réalité augmentée.
Une fois l’appareil sur les yeux, on se retrouve dans un tutoriel simple. On regarde sa main gauche pour le menu, on bouge ses mains devant soi pour naviguer dans l’interface et un pincement du pouce et de l’index remplace le clic sur ordinateur. Après s’être dit qu’effectivement, on a bien l’air un peu stupide pour tous les spectateurs qui ne voient pas l’interface projetée dans les lunettes, nous essayons quelques applications. Au programme : dessins, éducation, jeux… Ayant très peu expérimenté la réalité virtuelle ou augmentée, le résultat initial est assez surprenant. Avec une vraie sensation d’espace, sans donner le mal de mer.
Snapchat se positionne sur la culture
Parmi les diverses applications, on essaie aussi un golf (qui utilise le téléphone comme une manette à reconnaissance de mouvement, façon Wii Sports), de la boxe en rythme (pour faire un peu d’exercice) ou Peridot Beyond, une application façon Tamagotchi développée par Niantic, le studio derrière Pokémon Go. La reconnaissance de mouvements a cependant encore quelques petits ratés, et, pour le moment, le tout n’a pas encore rattrapé ce que le jeu vidéo fait en réalité virtuelle.
On a toujours un peu du mal à s’imaginer porter ce genre de lunettes dans la rue. Les applications ludiques, ou en tout cas celles mises à disposition pour l’instant, sont encore un peu basiques. En revanche, pour l’usage sur lequel Snapchat insiste, à savoir la culture et la pédagogie, il est plus simple de se projeter avec ces lunettes sur le nez dans le cadre d’une visite de musée pour remplacer l’audioguide traditionnel et ses écouteurs bas-de-gamme. Nous avons pu par exemple observer des modèles du système solaire ou en apprendre plus sur le corps humain.
« Contrairement à la vidéo, l’utilisateur ne détourne pas le regard »
« La réalité augmentée est très accessible, même avec la caméra du téléphone, défend Antoine Gilbert, manager du AR Studio de Snapchat. Contrairement à la vidéo ou même la réalité virtuelle, on superpose des informations à la réalité, l’utilisateur ne détourne pas le regard. » L’application a déjà collaboré plusieurs fois avec des institutions culturelles, comme le Musée du Louvre, où elle utilise cette technologie pour recréer certains objets antiques.
Au bout de quarante-cinq minutes, on a fait le tour de la démo. Heureuse coïncidence, c’est à peu près l’autonomie des Spectacles. La commercialisation est encore loin, d’autant plus pour les particuliers, mais les développeurs peuvent déjà s’emparer des lunettes avec un forfait de location à 100 euros par mois. On est encore loin de croiser des cadres sup avec dans le métro, mais Antoine Gilbert veut y voir « le smartphone de demain », rien que ça.



















