Horreur : La nouvelle expérience « Hôtel Dracula » fout-elle les chocottes ?
réalité virtuelle•« 20 Minutes » a testé la nouvelle expérience « Hôtel Dracula » en réalité virtuelle, qui vient d’être lancée à ParisChristophe Séfrin
L'essentiel
- Depuis le 19 juin, « Hôtel Dracula » invite les amateurs de réalité virtuelle pour une expérience immersive aux Galeries Montparnasse, à Paris.
- Moyennant une vingtaine d’euros, les amateurs de sensations fortes sont conviés à un « banquet » aussi impressionnant à 360° qu’il peut être sanguinolent.
- Expérience faite, on sort de ce parcours avec des images vertigineuses plein la vue, même si on aurait aimé qu’il soit davantage interactif.
Faim de VR ? Les aficionados d’expériences insolites en réalité virtuelle sont invités au banquet. Avec « Hôtel Dracula », qui vient de planter son décor à Paris, le comte sanguinaire imaginé par Bram Stoker en 1897 réserve aux visiteurs un parcours pour le moins mouvementé et riche en émotions, comme 20 Minutes a pu le constater.
Ce n’est pas Halloween, mais on s’y croirait presque. A quelques pas de la Tour Montparnasse, c’est dans les sous-sols d’un ancien grand magasin désormais désaffecté* qu’un espace de 600 m2 a été aménagé pour le banquet de Dracula. Sur place, trois vastes plateaux permettent d’accueillir au total jusqu’à 90 participants. Equipés d’un casque VR Pico 4, ils peuvent à tout moment passer à table et entamer leur parcours.
Une expérience techniquement très réaliste
Autonome, avec des haut-parleurs placés juste au-dessus de chaque oreille, le Pico 4 peut être porté avec lunettes. Offrant une vision 4K + (2.160 x 2.160 pixels devant chaque œil), avec un champ de vision de 105°, il permet de vivre une expérience extrêmement réaliste. Déjà en immersion, alors que l’on arrive au château de Dracula, on entend les cris des visiteurs qui nous précèdent. À quelle sauce allons-nous être dévorés ?
Il faut marcher, un peu, beaucoup, dans ce voyage au bout de la nuit. Le plateau que nous arpentons (on a parfois l’impression de physiquement tourner en rond) est protégé par des murs virtuels parfaitement visibles grâce au casque. En cas de problème, un coach, lui bien réel, est toujours à proximité pour nous aiguiller.
Différents tableaux se succèdent, dix… quinze, on ne sait plus trop à la fin de l’expérience (d’une trentaine de minutes en tout) qui s’apparente beaucoup à celle d’un train fantôme revisité. On monte, on descend, on glisse (impressionnante plongée dans un univers de glaciers qui peut presque incommoder !) ; on évite des obstacles virtuels, on fait gaffe de ne pas tomber dans le vide à plusieurs reprises ; des portes s’ouvrent, d’autres claquent ; on passe de salle en salle… jusqu’au banquet final.
Si l’expérience est conseillée à partir de 10 ans, ce dernier tableau dans lequel l’hémoglobine coule à flots, peut, sinon faire flipper, franchement dégoûter. Bon appétit tout de même !
La réalité virtuelle fait son show
Certes, l’expérience peut sembler un peu décousue (le scénario de ce banquet n’est-il pas un peu bancal ?). Quel rapport existe-t-il entre cette vieille salle des machines comme échappée du bunker secret de la série Lost, et le château de Transylvanie du comte Dracula ? Reste que la démo VR fait, elle, vraiment son show. Les créateurs de cette expérience (Univrse ; Blanco y Negro ; Pico) ont su capitaliser sur les 360° de spectacle permis par la réalité virtuelle, qui ne laisse au visiteur jamais le moindre répit, son regard étant sans cesse sollicité de toutes parts.
On regrette cependant que ce parcours (pour un budget supérieur à celui d’une classique place de cinéma, tout de même) manque d’un peu d’interactivité. Ce n’est que rarement que l’on est appelé à agir sur un ou des objets. À ce sujet, le moment le plus intéressant est ici de pouvoir (à l’occasion d’un tableau là encore plus proche de 20.000 lieues sous les mers que de Dracula !), pousser à la main des livres qui flottent, comme en suspension, avec un effet hyper réaliste…
Même pas peur ?
Et la peur dans tout cela ? Aussi impressionnante soit la déambulation proposée par « Hôtel Dracula », avec ses sensations souvent vertigineuses et qui à elles valent le détour, la trouille ne nous a jamais vraiment collé au bide. On en prend plein les yeux, c’est assuré, mais il manque quelques petits effets de surprise peut-être plus réels que virtuels. Comme lorsque l’on prenait place, jadis, dans le train fantôme sur une fête foraine, et où quelques mains humaines habilement cachées venaient vous attraper le bas du pantalon ou vous chatouiller les cheveux.
*Galeries Montparnasse, 22 rue du Départ, Paris XVe. Plein tarif : 19 € en semaine, 21 € le week-end · Tarif réduit : 16 € en semaine, 18 € le week-end Tarif groupe + 4 : 17 € en semaine, 19 € le week-end.



















