Moteur de recherche, météo, paiement… Ce que le DMA change à nos habitudes numériques
GAFAM•A partir du 6 mars, l’Union européenne impose de nouvelles règles aux géants du numérique et l’impact va se mesurer immédiatement sur nos écrans20 Minutes avec AFP
Le numérique, il a changé. Ce mercredi 6 mars entre en vigueur le Règlement sur les marchés numériques ( « Digital Markets Act » dans la langue d’Apple) de l’Union européenne entrera en vigueur. Ce texte impose aux géants du numérique un certain nombre de mesures pour s’assurer qu’ils n’empêchent pas la concurrence de prospérer. Ce qui signifie plus d’ouverture sur les plateformes numériques et quelques raccourcis qui disparaissent pour nous laisser l’opportunité de découvrir d’autres services. Petit tour d’horizon des changements chez Apple, Google et Meta…
Pourquoi est-ce que ça me concerne ?
Le règlement s’impose aux marques qui ont façonné Internet et les smartphones que nous utilisons aujourd’hui. Sans que nous en ayons forcément conscience, un certain nombre de nos choix en matière de numérique n’en étaient pas vraiment puisqu’ils découlaient simplement du type de téléphone qu’on avait acheté ou du moteur de recherche qu’on utilisait.
Concrètement, pour un acheteur d’iPhone, l’achat d’application passait nécessairement jusqu’à ce jour par l' « app store » officiel d’Apple. Par ailleurs, un certain nombre d’applications de service étaient installées automatiquement et ne laissaient aucune place à la concurrence. Illustration concrète, la disparition des raccourcis Google Maps, dont nous vous parlions ici. Enfin, nos datas étaient collectées et partagées entre entités d’un même groupe sans que nous en ayons conscience, contribuant à un ciblage fin qui nuisait à notre liberté de choix.
Quelles plateformes sont concernées ?
La Commission européenne a constaté que ses règles traditionnelles, trop lentes et insuffisamment dissuasives, avaient échoué à empêcher certains acteurs dominants, essentiellement les « GAFAM » américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et le chinois Byte Dance, propriétaire de TikTok.
Cela représente 22 plateformes clés appartenant à ces six groupes : quatre réseaux sociaux (TikTok, Instagram, Facebook, LinkedIn), deux messageries instantanées (WhatsApp et Messenger), trois systèmes d’exploitation (Android, iOS, Windows), un moteur de recherche (Google), deux navigateurs (Chrome, Safari), six services d’intermédiation (Google Maps, Google Play, Google Shopping, Amazon Marketplace, App Store et Meta Marketplace), le site de partage de vidéos YouTube, ainsi que les services publicitaires de Google, Amazon et Meta.
Booking, le champion néerlandais des réservations hôtelières, et le réseau social X (anciennement Twitter) ont informé la Commission qu’ils avaient franchi les seuils réglementaires et pourraient rejoindre cette liste prochainement, tout comme le service publicitaire TikTok Ads.
Quel changement pour les moteurs ?
Google a interdiction d’accorder un classement plus favorable aux produits et service du même groupe sur les pages de résultats de son moteur de recherche. En gros, fini les arrangements supposés concernant notamment son comparateur de prix Google Shopping.
Et sur notre smartphone ?
Les grandes plateformes ont tendance à « enfermer » les utilisateurs en les poussant à utiliser leurs services pré-installés : navigateur Internet, cartographie, météo… Le DMA garantit la possibilité de désinstaller ces services intégrés par défaut et facilite le choix d’alternatives.
Les utilisateurs doivent pouvoir choisir les boutiques d’applications logicielles de leur choix et télécharger directement leurs applications sur les sites des fournisseurs, sans passer par les acteurs dominants : l’App Store d’Apple ou Google Play.
Apple n’a plus le droit d’imposer l’utilisation de son service de paiement Apple Pay aux développeurs qui souhaitent référencer leurs applications dans l’App Store.
Quid des messageries ?
WhatsApp et Messenger doivent être rendus interopérables avec les services de concurrents qui le demandent. Mais concrètement on ne sait pas encore très bien ce que cela signifie.
Et les datas ?
Les données, c’est le nerf de la guerre pour ces acteurs du numérique. A compter du 6 mars, ils ont interdiction de croiser des données collectées à travers différentes plateformes pour le ciblage publicitaire de leurs utilisateurs sans leur consentement.
Ils n’ont plus, non plus, le droit de se servir des données générées par leurs entreprises clientes pour les concurrencer, comme Amazon est accusé de l’avoir fait pendant des années. Ils doivent fournir à leurs clients un accès à ces données.
Et s’ils fautent ?
La Commission européenne a constitué une équipe d’experts comptant actuellement une centaine de personnes pour surveiller l’application du règlement. Celui-ci prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise, et même 20 % en cas de récidive. En dernier recours, la Commission pourra imposer un démantèlement du contrevenant en le contraignant à céder une activité.


















