CES 2023 : Un Français réalise son rêve de gosse en fabriquant les premiers rollers électriques au monde

MOBILITE Incubé dans les Hauts-de-France, Atmos Gear a conçu les premiers rollers électriques du monde. L’entreprise présentera son innovation au CES de Las Vegas, qui se tient de jeudi à dimanche

Mikaël Libert
Atmos Gear a conçu le premier modèle de rollers électrique du monde.
Atmos Gear a conçu le premier modèle de rollers électrique du monde. — Atmos Gear
  • Le CES La Vegas 2023 se tient de jeudi à dimanche. Ce salon est l’événement mondial le plus connu dans le secteur des nouvelles technologies, l’occasion pour les entreprises et start-up de présenter leurs innovations.
  • L’une des entreprises des Hauts-de-France qui se rendra aux Etats-Unis, c’est Atmos Gear, qui conçoit des rollers électriques.
  • Cette innovation, une première mondiale, est née dans la tête de son concepteur en regardant un manga alors qu’il était adolescent.

D’un rêve de gosse à une première mondiale. C’est une histoire entrepreneuriale peu banale qui va conduire Mohamed Soliman, 25 ans, à présenter son invention au CES de Las Vegas, début janvier. Sa toute jeune entreprise, Atmos Gear, a conçu et produit le premier modèle au monde de rollers électriques. D’une idée folle, née dans la tête d’un ado de 13 ans, à la version aboutie commercialisable, c’est un véritable parcours de vie qui entoure cette innovation.

Qui n’a jamais rêvé de voler à bord d’un vaisseau de Star Wars ou de rider sur l’hoverboard de Marty McFly ? Des rêves qui se perdent face à une réalité implacable : ces objets n’existent pas. Si le commun des mortels se fait une raison, pas Mohamed Soliman : « J’avais 13 ans quand je regardais le manga Air Gear. Les personnages avaient des rollers électriques. Je voulais absolument les mêmes, mais ça n’existait pas. » L’adolescent se contentait donc de rollers normaux en attendant qu’un fabricant sorte un modèle électrique. « Cette idée ne m’a jamais quittée, et comme personne ne s’est lancé, je me suis dit que j’allais le faire moi-même », poursuit-il.

Il devient ingénieur pour concrétiser son idée

Mais on ne conçoit pas ce type d’objet avec des bouts de bois dans un garage. Pragmatique, Mohamed Soliman a donc cherché la formation qui lui permettrait de réaliser son rêve : « J’ai intégré le cursus d’ingénieur mécatronique de l’UTC de Compiègne. C’est là que j’ai enfin pu changer de dimension en passant de simples croquis a de véritables prototypes. » L’objet fétiche du manga a pris corps pour la première fois en 2018 et Mohamed a kiffé être son propre bêta testeur, malgré les chutes. Les premiers modèles étaient à deux roues, avec les batteries intégrées aux rollers. « Trop lourd, ça n’allait pas », même s’ils ressemblaient comme deux gouttes d’eau aux rollers du manga.

Alors en bon ingénieur, il a remis le concept à plat. « Il a fallu trois ans de R & D pour arriver à un système fiable », reconnaît l’entrepreneur. Résultat, un roller à trois roues avec le moteur intégré à la roue centrale, « le plus petit et le plus puissant du monde », se félicite Mohamed Soliman. La batterie, qui assure une autonomie de 20 km, et le contrôleur électronique ont quitté la platine pour venir se loger dans une petite sacoche à porter à la taille. L’avantage est que les rollers peuvent s’utiliser avec la même aisance avec ou sans assistance. A l’instar des skates électriques, les rollers se pilotent grâce à une télécommande à main qui permet d’accélérer, de freiner et de voir le niveau de batterie. Atmos Gear proposera aussi, dans un second temps, un mode d’assistance intelligente basée sur les mouvements du patineur. Réglementairement, la vitesse est bridée à 25 km/h en Europe, 35 km/h aux Etats-Unis, « mais au contraire des vélos et des trottinettes, nous pouvons aller sur les trottoirs », assure Mohamed Soliman.

L’innovation d’Atmos Gear vise, en premier lieu, le marché déjà bien fourni des pratiquants du roller. « On se concentre là-dessus pour 2023. Je pense que la cible s’élargira naturellement par la suite, lorsque les gens verront le produit utilisé », estime l’entrepreneur. Si elle attend encore de trouver son public, l’invention du jeune homme attire déjà les convoitises : « On commence à nous copier, c’est pour cela qu’il faut élargir nos horizons au-delà du marché français. Le CES servira aussi à dire à l’international qu’on était les premiers. »