On a testé Gaya, un vélo électrique parisien, abordable et plein de bonnes idées

MOBILITE Nouveau venu dans la jungle de la mobilité douce, le constructeur français Gaya arrive sur le marché du vélo électrique avec deux modèles pleins d’innovations, de bonnes idées à des prix agressifs. « 20 Minutes » a pu prendre en mains un modèle de pré-série lors d’un test au long cours

Mikaël Libert
Le vélo électrique compact de la marque française Gaya.
Le vélo électrique compact de la marque française Gaya. — M.Libert / 20 Minutes
  • Gaya, un jeune constructeur parisien, se lance dans la fabrication de vélos à assistance électrique.
  • Il propose deux modèles, dont un longtail, très bien équipés de série à des tarifs très compétitifs sur ce segment.
  • Sollicité par la marque, « 20 Minutes » a pu effectuer un test au long cours sans concession du modèle compact de Gaya.

Les arguments pour vous faire préférer le vélo électrique à la voiture lors de vos déplacements urbains quotidiens ne se comptent plus. Si la pertinence d’un tel moyen de transport n’est plus à démontrer, le choix de son futur destrier peut en revanche s’avérer compliqué tant l’offre est prolifique. Gaya, un constructeur français installé à Paris, est l’un des derniers arrivés sur marché. Et ce n’est pas vraiment un handicap puisque la jeune marque peut ainsi proposer, avec le recul, deux modèles de VAE (vélo à assistance électrique) intelligents, innovants à des prix très compétitifs. Sollicité par la marque, 20 Minutes a pu mettre à l’épreuve le « compact » dans un road trip de 400 km jusqu’à Rotterdam, aux Pays-Bas.

Gaya, c’est une toute jeune boîte parisienne créée il y a un an par Amélie Guicheney, ex-conseillère en stratégie marketing, et Jacques Bonneville, spécialiste de la mobilité. Tous deux ont pris le pari, peut-être risqué, de se lancer dans la conception de vélos à assistance électrique (VAE), un secteur très concurrentiel et largement occupé par les grandes marques. L’idée était de fabriquer des vélos innovants, robustes, pratiques et accessibles. Pour ce dernier point, Gaya frappe fort en effet, avec un compact à 1.700 euros et un longtail à 2.300 euros. « Pour serrer les prix, nous misons sur la vente directe dans notre shop à Paris ou en ligne et sur l’utilisation au maximum de pièces standards du marché dont la fiabilité a été éprouvée », explique Amélie Guicheney.

Comme un air de petite moto qui ne passe pas inaperçu

Gaya a aussi soigné le design et les deux modèles ne passent pas inaperçus, notamment grâce aux options originales qui lui confèrent un petit air de mini-moto. De série, les vélos sont livrés avec un gros phare particulièrement efficace la nuit, des clignotants et un feu de stop arrière. Leurs cadres trapus à enjambement bas et les petites roues à pneus blancs contribuent aussi à attirer l’œil. Ils sont par ailleurs équipés d’une large selle très confortable dont le système d’ajustement rappelle les sièges de bureau. Ce dernier doit néanmoins être revu puisque en position la plus basse, la selle touche le porte-bagages arrière, abîmant la peinture.

Le Gaya compact sur les routes des Pays Bas.
Le Gaya compact sur les routes des Pays Bas. - M.Libert / 20 Minutes

La vraie innovation, toujours de série, c’est le système antivol intelligent intégré au vélo. Un capteur de mouvement déclenche une alarme sonore, bloque le moteur électrique et envoi une alerte via l’application mobile Gaya. Les vélos embarquent aussi un traceur GPS avec une batterie autonome qui permet de les localiser en cas de vol. Un système que nous avons testé avec succès malgré une latence de quelques minutes entre le verrouillage du vélo et le déclenchement de l’alarme. Gaya doit néanmoins corriger un bug qui perturbe parfois le fonctionnement du GPS.

Pour le test, nous avons choisi la version compacte qui permet tout de même d’emporter 80 kg de charge à l’arrière et 10 kg à l’avant pour un poids total en charge de 160 kg. C’est dans un périple entre Lille et Rotterdam que 20 Minutes a mis à l’épreuve la machine. Si le sac de 15 kg à l’arrière se fait oublier, la tente de 5 kg à l’avant grève la stabilité du vélo dès qu’on lâche le guidon. Néanmoins, en mode éco, sur du plat, le moteur de roue arrière n’a aucun mal à emporter le tout. En mode normal ou en mode boost, les pentes se gravissent sans effort. Mais pour combien de temps ?

Un vrai souci d’autonomie ou une batterie défectueuse ?

La batterie réparable du fabricant bordelais Gouach nous promettait 70 km d’autonomie en mode éco. Jamais il n’a été possible de les atteindre de près ou de loin. Au maximum, nous avons pu rouler 52 km, la peur au ventre de tomber en rade et de devoir emmener à la force des cuisses les 23 kg du vélo et tout notre chargement. Sans doute un défaut de la batterie qui nous avait été fournie puisque cette dernière à finalement rendu l’âme à la fin du voyage. A l’usage, la pré-série que nous avions en main a aussi révélé quelques autres défauts : béquille centrale trop basse, support de phare à revoir.

Pour autant, le Gaya est arrivé à Rotterdam sans broncher : pas un écrou desserré en 400 km, pas une crevaison. La position de conduite et la confortable selle ont préservé notre dos et nos fesses. L’engin est agréable à piloter, maniable malgré son poids et le chargement. Même si le fabricant explique clairement que ce n’est pas un vélo adapté pour de telles aventures, mais plutôt pour une utilisation urbaine quotidienne, il a fait le job. Les défauts de la pré-série seront corrigés pour les futurs acheteurs, notamment la béquille, dont la conception a été confiée à un bureau d’étude spécialisé. L’expérience a donc été plutôt concluante et nous avons eu un petit pincement au cœur lorsque le Gaya est rentré chez lui.