Nice : Un système sous-marin développé dans la baie des Anges « pour protéger la façade maritime des menaces »

INNOVATION L’objectif est de « pouvoir sécuriser la marina de Marseille lors des Jeux olympiques de voiles en 2024 », indique-t-on chez Thales qui travaille avec la start-up locale MyDataModels

Elise Martin
— 
Cette technologie permettra de protéger les villes côtières comme Nice (Archives)
Cette technologie permettra de protéger les villes côtières comme Nice (Archives) — A. SELVI / ARCHIVES ANP / 20 MINUTES
  • Depuis 2015, le groupe Thales travaille sur une technologie capable de détecter des « plus petits objets que les sous-marins », notamment « depuis l’émergence des drones sous-marins », explique Marc Delorme, directeur ligne de produits sous-marin chez Thales.
  • En 2020, le grand groupe a choisi la start-up MyDataModels, située à Sophia Antipolis, dans le cadre du « Blue innovation challenge » lancé par la métropole niçoise en 2020, pour intégrer leur algorithme aux objets.
  • Ainsi, l’entreprise locale a développé une intelligence artificielle qui permet à ce système de sonars de définir si c’est une menace et d’indiquer de quelle menace il s’agit.
- Reporters d'espoir

Un plongeur palmé ou motorisé, un drone immergé ayant « une trajectoire précise ou une vitesse détectable ». Ce sont le genre de « menaces » que le nouvel outil né d’une collaboration du groupe Thales et d’une start-up des Alpes-Maritimes, MyDataModels, permettra de détecter dans les eaux marines d’ici 2024.

« Les démonstrateurs sont équipés de sonars pour repérer un objet qui pourrait se rapprocher d’une zone sensible, comme les zones industrielles, des ports, un lieu d’accueil grand public, analyse Marc Delorme, directeur ligne de produits sous-marins chez Thales. On avait de quoi se protéger par les airs, sur les terres, il fallait s’équiper pour assurer une protection permanente et fiable de la façade maritime et des populations. Surtout dans ces milieux opaques où il n’est pas possible d’avoir ni de caméras ni de radars. »

L’enjeu de l’intelligence artificielle

Ces sonars sont constitués « d’antennes émettrices qui envoient des sons à une autre, réceptrice qui reçoit les échos », continue le responsable du grand groupe. A ceux-ci, MyDataModels, située à Sophia Antipolis, a ajouté des algorithmes permettant de « classifier la menace, si c’en est une ou non, mais également de déterminer de quelles menaces s’agit-il, développe Félix Kudelka, responsable du développement de la start-up. Ainsi, grâce à des critères comportementaux comme la vitesse ou la trajectoire, il est possible de dire si c’est un plongeur ou un drone. Nous entendons également le son produit par l’objet détecté ».

La partie émettrice du démonstrateur de ce système qui permettra d'alerter en cas de menaces sous-marines
La partie émettrice du démonstrateur de ce système qui permettra d'alerter en cas de menaces sous-marines - E. Martin / ANP / 20 Minutes

Les démonstrateurs ne sont pas encore prêts, seuls des tests sont effectués à Nice ou près de Toulon. L’objectif est de « pouvoir sécuriser la Marina de Marseille lors des Jeux olympiques en 2024 par exemple », indique Marc Delorme. Il énumère la possibilité d’installer Blue Guard de manière permanente dans des zones militaires mais aussi lors d’événements ponctuels comme le Festival de Cannes ou l’organisation de G20 ou G7 dans une ville côtière. Le directeur ligne de produits sous-marin précise que « les sonars s’adaptent à la géographie de la zone à protéger. On peut les mettre jusqu’à 2 km vers le large et on en ajoute ensuite en fonction du terrain, que ce soit pour former un cercle, un carré ou une étoile. »

Ces objets permettent ainsi « d’offrir un temps de réaction de 15 minutes pour ensuite déployer les moyens adéquats » pour intercepter la menace. Très important pour la métropole Nice Côte d’Azur qui a porté ce projet à travers le « Blue innovation challenge », qui « identifie des entreprises porteuses de solutions innovantes dans le secteur maritime » depuis 2020. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a insisté sur l’importance de cette technologie, notamment depuis « les retours d’expériences » d’événements comme l’attentat du 14-juillet 2016. Pour lui, « c’est devenu une exigence » de « sécuriser les zones littorales » de « ceux qui veulent s’attaquer à des villes côtières par la mer ».

La France des solutions

Cinquante médias dont 20 Minutes sont partenaires de La France des solutions, un événement porté par Reporters d’espoir. Ce mercredi, comme tous les autres jours de l’année, 20 Minutes met en avant des initiatives qui donnent envie d’agir ou témoignent de la capacité créative des Français et des Françaises.