Nice, ville d’accueil d’une conférence internationale sur la sécurité urbaine, peut-elle être considérée comme modèle en la matière ?

DÉBAT Pendant trois jours, la métropole reçoit la conférence internationale « Sécurité, démocratie et villes » organisée par le Forum européen pour la sécurité urbaine avec 25 pays représentés

Elise Martin
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Au centre de supervision urbain de Nice, les agents surveillent la ville à travers les 3.900 caméras
Au centre de supervision urbain de Nice, les agents surveillent la ville à travers les 3.900 caméras — Syspeo / Sipa
  • La ville de Nice a la première police municipale en termes d’effectifs avec 550 agents et 178 agents de surveillance de la voie publique (ASVP).
  • Elle est également la commune la plus vidéosurveillée du pays avec 3.900 caméras déployées.
  • Selon des élus de l’opposition, il faudrait « davantage de moyens humains » ou « miser sur la prévention » plutôt que sur la technologie pour être « un exemple ».

Première police municipale de France avec 550 agents et 178 ASVP, commune la plus vidéosurveillée avec 3.900 caméras déployées, Nice aime se placer au top en termes de politique sécuritaire. A partir de ce mercredi, elle accueille pendant trois jours la conférence internationale « Sécurité, démocratie et villes », organisée par le Forum européen pour la sécurité urbaine ( EFUS) avec 25 pays représentés. L’occasion « d’échanger sur les grands défis auxquels font face les villes et régions européennes pour préserver, renforcer ou améliorer la sécurité urbaine dans le respect des libertés fondamentales », communique la mairie.

Pour Juliette Chesnel-Le Roux, élue municipale EELV, « il faut utiliser cet événement pour travailler ensemble et être à l’écoute de ce qu’il se fait ailleurs ». La conseillère municipale estime qu’il faut penser autrement ce thème central dans la politique de Christian Estrosi. « On ne règle pas les problèmes de sécurité avec toujours plus d’armes et plus de technologies mais avec davantage de prévention et de collaboration entre les acteurs locaux ».

Plus d’humains, moins de technologie ?

La ville de Nice « attire, de par son expérience et son réseau, des start-up spécialisées dans la sécurité, indique la municipalité. Elles viennent éprouver leur programme d’intelligence artificielle sur le terrain. » Ainsi, ces logiciels sont intégrés aux caméras pour détecter des « comportements anormaux ou des colis suspects ». Comme le communique la mairie, « depuis 2008, la ville a souhaité devenir un territoire d’expérimentation tourné vers l’innovation ».

De cette manière, elle a pu tester la reconnaissance faciale durant le Carnaval en février 2019 et d’autres projets sont en cours comme l’analyse des images d’accidents par des algorithmes ou le détecteur d’émotions. Pour Philippe Vardon, l’élu du Rassemblement national et de la Droite populaire au conseil municipal, « toute cette technologie ne remplace pas les mains ». Selon lui, Nice ne peut pas être « une vitrine de la sécurité car la réalité, c’est que l’insécurité reste la principale préoccupation des Niçois ». Il fait notamment référence aux fusillades dans les quartiers Est et aux deux attentats qui ont frappé la ville.

Depuis l’attentat du 14 juillet, la commune a d’ailleurs accéléré les expérimentations sécuritaires avec, par exemple, la mise en place de bornes d’urgence dans la rue, 190 aujourd’hui, ou encore les 1.200 boîtiers d’alerte installés dans les établissements publics (écoles, salles de spectacles, CHU) comme privés (commerces). Des ambitions qui sont parfois stoppées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Cette dernière a posé son véto à certains projets comme celui de la comparaison faciale à l’entrée d’un lycée et celui d’une application, Reporty, qui permet d’appeler en direct et en vidéo la police municipale.