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Hadopi: Nathalie Kosciusko-Morizet organise la suite

Hadopi: Nathalie Kosciusko-Morizet organise la suite

INTERNETAlors que l'opposition condamne son absence dans l'hémicycle à l’occasion des débats sur la loi Création et Internet, la secrétaire d'Etat au numérique planifie l'après-Hadopi...
Alice Antheaume

Alice Antheaume

Où est NKM? Cette question résonne dans les bouches de l’opposition, à l’Assemblée nationale, là où est débattue la loi Création et Internet. Mardi, la députée socialiste Corinne Erhel a «déploré l’absence de Madame la secrétaire d’Etat à l’économie numérique. J’aimerais savoir ce qu’elle pense de ces sujets.» La veille, Patrick Bloche, député PS, l’a appelée la «muette du sérail».


Solidarité gouvernementale


«Je ne me désintéresse pas de ces sujets, bien au contraire, explique Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogée par 20minutes.fr. Mais dans l’organisation de l’Etat, les sujets sont répartis: ce projet de loi est porté par le ministère de la Culture. Si j’avais défendu cette loi, comme le fait Christine Albanel, ça m’aurait énervée d’avoir sans cesse les interférences des uns et des autres dans tous les sens.»


C’est ce que l’on appelle la solidarité gouvernementale. En tant que secrétaire d’Etat, on voit mal comment NKM irait «plomber» les propos de la ministre de la Culture, alors que l’une et l’autre appartiennent au même gouvernement et au même parti, l’UMP.


«Je comprends sa position, ajoute Lionel Tardy, député UMP. Historiquement, le projet de loi a été lancé alors que Nathalie Kosciusko-Morizet était encore secrétaire d’Etat à l’écologie (jusqu’en janvier 2009, ndlr), ajoute-t-il. Elle n’a donc pas participé à la genèse de ce texte et n’a rien à gagner à entrer dans les discussions». Pour lui, NKM est «sur la réserve pour l’après loi».


Et si elle devait en gérer les ratés? «Le coup est parti sans elle, reprend le député UMP. Mais c’est sûr que cela nous coûtera cher en dommages et intérêts s’il y a 40% de sanctions faites à tort, comme je l’estime.»


NKM prépare un cycle de réunions


Pourtant, selon Christian Paul, député PS joint par 20minutes.fr, la cohésion gouvernementale est «muselée»: NKM est «aux abonnées absentes parce qu’elle sait cette loi inapplicable». Et de souligner que si plusieurs députés de l’opposition demandent à ce que la secrétaire d’Etat vienne à l’Assemblée, «ce n’est pas un jeu parlementaire pour faire diversion. C’est parce que ce projet de loi ne peut pas être isolé des règles de l’économie numérique».


Christian Paul insiste: «Certes, l’industrie culturelle a du mal à survivre mais la réponse proposée par le projet de loi se fait en opposition avec les règles élémentaires de l’Internet.»


Nathalie Kosciusko-Morizet rassure: elle va s'atteler à réconcilier les «mondes de la création et d’Internet». Pour cela, elle lance une série de réunions avec des acteurs comme Virgin, Universal, la Fnac, Deezer, Jamendo, MyMajorCompany. Première séance prévue le 14 avril à La Cantine, lieu parisien symbolique puisqu’il se fait fort d’accueillir internautes et conférences numériques.


Booster l'offre légale


Le but? «Se frotter les neurones pour travailler sur les modèles économiques de demain, reprend la secrétaire d’Etat au numérique. L’offre légale est trop pauvre et ne répond pas à l’impulsivité d’achat que l’on a en ligne. Il faut qu’elle soit plus facile à trouver que le téléchargement illégal.»


NKM a déjà planché sur le dossier. Elle voudrait que, lorsqu’on écoute un morceau sur une radio, on puisse l’acheter en un clic à 1 euro. «Mais le titre seulement, pas tout l’album», comme cela est proposé actuellement, précise-t-elle. «C’est l’enjeu de demain auquel je peux apporter ma pierre».


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