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Téléchargement et Hadopi: vos doléances à la ministre

Une barre de téléchargement sur un écran d'ordinateur
Une barre de téléchargement sur un écran d'ordinateur/Joël Saget AFP/archives

C´est commenté

  • S'il vous plait arrêter de vouloir sanctionner ceux qui généralement m...

    nessuno 2.4.2009 - 15h41

  • Quid de l'offre légale ???
    Je suis propriétaire d'un Mac. A moins de mauvais...

    Ashanty 31.3.2009 - 19h28

  • J´ai voté pour Nicolas Sarkozy et soutenu ce gouvernement. Mais aujourd´...

    wolfistelpa 31.3.2009 - 16h36

DEBAT - Vos avis et suggestions sur la loi Création et internet et la riposte graduée ont été soumis à Christine Albanel et au rapporteur de la loi...

20minutes.fr a envoyé vos doléances à la ministre de la Culture Christine Albanel et à Franck Riester, rapporteur de la loi Création et Internet. Voici le message:

«Madame la ministre, monsieur le rapporteur,

Nous avons mis en place un dispositif spécial dans le cadre du débat sur la loi Création et Internet. Sur l’idée d’un internaute, Lillibotte: «Je suggère à 20minutes.fr de collecter tous ces commentaires d'internautes et de les faire lire à tous ces ministres, députés, patrons de maisons de disque. Ils sont largement plus sensés que la plupart des propos politiciens!» 20minutes.fr a donc mis en place un «cahier de doléances» en ligne. Nous vous envoyons ci-dessous les commentaires les plus pertinents. Merci de nous indiquer quand vous pourrez répondre à ces doléances.

Les points qui se dégagent sont les suivants:

- La loi est noyautée par le lobby des majors
- La loi cible les mauvaises personnes
- La loi n’aidera pas la consommation culturelle
- La loi aboutira au flicage du dernier media non contrôlé par le gouvernement, l’Internet
- La loi vient de motivations vénales et non culturelles
- La loi ne pourra pas être appliquée

>> Cliquez ici pour découvrir les réponses de Franck Riester >>

La loi est noyautée par le lobby des majors

LilaHD s'oppose par plusieurs arguments aux discours de la ministre de la Culture: «Cette loi ne vise ab-so-lu-ment pas à aider les "artistes" mais bien à aider des lobbies sur un marché (celui des supports physiques tels que le cd ou le dvd) qui est voué à mourir, d'une part parce que les baladeurs sont tous mp3 et incitent donc à télécharger, d'autre part car ce marché refuse de comprendre qu'il ne pourra survivre qu'avec une offre à "forte valeur ajoutée". Cette loi ne fera qu'isoler une fois de plus la France dont la réputation à l'international tend à se ternir. Elle est en totale opposition avec les décisions européennes et, en persistant, Mme Albanel et son staff ne feront qu'accroître la suspicion qui pèse déjà lourd en ce qui concerne les véritablement raisons qui motivent leur entêtement. Les pays qui ont tenté une riposte graduée ont finalement capitulé, notre gouvernement devrait y réfléchir».

Lejourdegloireestarrivé pense de son côté que les majors attaquent le téléchargement pour de mauvaises raisons: «Il fausse la concurrence, leur concurrence, face à des artistes bien établis et en petit nombre. Un monopole, en somme. C'est tellement plus facile à gérer. A part ça, ils préfèrent nous balancer des petits jeunes qu'on fait chanter comme des casseroles à la TV (n'est-ce pas Mr P. Nègre?) au début de leur aventure en reality show, et pour qui les arrangements musicaux deviennent de plus en plus conséquents en se rapprochant de la finale. Dans les années 60, on a accusé les cassettes de tous les maux. Puis ça a été le tour des VHS et des magnétoscopes d'arriver sur le marché. Les mêmes qui permettaient de faire une copie des films vus à la TV ou loués. Est-ce que le marché s'en est trouvé bridé pour autant? Non, et au contraire. Il a eu une très forte ascension. Alors, maintenant, on fait tout pour nous permettre de stocker des fichiers de plus en plus conséquents, on commercialise des disques durs énormes, et en externe, capables de stocker plus de musique que vous pourrez en écouter toute votre vie... De même, tout matériel sérieux mis sur le marché lit les Mp3 et les Divx, sinon, personne n'en veut, et on voudrait maintenant nous interdire de nous en servir? En fait, ce que ces majors veulent ignorer, c'est que c'est le public qui fait la loi et non l'inverse. Et ça, c'est la réponse du berger à la bergère. Quant à mêler directement les artistes à ça, quand on sait qu'ils touchent seulement 1 euro sur un CD, c'est un peu gros comme défense. Qu'ils acceptent maintenant d'en vendre moins et de mieux les payer... mais on veut que ce soit nous qui payons.»

«Si le téléchargement nuit au cinéma en France, lance Delfim, comment se fait-il que l'année 2008 soit une année record en termes de production de films (avec un budget en hausse)?» L'internaute continue son argumentaire ainsi: «Avant l'arrivée du VHS, à la fin des années 80, le seul revenu du cinéma français était les entrées. Aujourd'hui, en plus des entrées, il y le DVD et les produits dérivés (jeux vidéos, livres, etc.). En ce qui concerne la musique cela fait longtemps, et bien avant que l'on parle de téléchargement illégal, que les majors ne veulent produire que des artistes qui vendent 200.000 ou 500.000 albums par an. Les majors (c'est pour eux que cette loi est faite) pensent que si on empêche un internaute de télécharger un film ou un CD il ira l'acheter, c'est faux!» Seb1977 ajoute ceci: «Une loi injuste et inadaptée. Sous prétexte de rémunérer les artistes (tout le monde sait bien que ce ne sont pas les artistes qui sont rémunérés mais les majors). Ce qu'il faut c'est un changement des droits d'auteur, notamment une limitation de la durée de ceux-ci et surtout la limitation des droits. De plus les droits sur les logiciels, qui sont beaucoup tus dans ce débat sont tout aussi problématiques, leur manque d'interopérabilité, les droits de contrôle sur les informations recueillies par les éditeurs... tout un ensemble de droit des utilisateurs à réinventer.»

La loi cible les mauvaises personnes

Nick LéMajor s'adresse ainsi aux défenseurs d'Hadopi: «Les "pirates", comme vous les appelez, ne sont pas ceux qui téléchargent mais ceux qui filment dans les salles de cinéma et les mettent en ligne. Si dans la rue je trouve un billet de 500 euros, je le prends et je ne me pose pas la question de savoir si j'ai volé ce billet. Je prends ce que l'on me propose gratuitement sur internet.» Et LilaHD d'ajouter: « La suppression de la connexion reviendra pour certains à détruire leur gagne-pain car beaucoup de professions dépendent de ce support (je parle des freelances qui peuvent travailler de partout dans le monde grâce à la toile). Je crois que la liberté de travailler fait partie des droits fondamentaux. Cette loi est contre-productive car ce n'est pas en mettant en conflit les "artistes" et les internautes/clients qu'on aidera le marché audiovisuel à sortir de la crise.»

De son côté, Pipoman dit: «Cela fait au moins dix ans que les citoyens internautes responsables exhortent les majors et l'industrie du disque à revoir leur modèle économique en vue de la révolution qu'entraîne l'internet. Il ne faut pas oublier que ce sont des professionnels du secteur. Maintenant, on veut faire payer ces mêmes citoyens pour leur manque de visibilité du marché (1 euro, le mp3 mal encodé et 4 euros le film en téléchargement au lieu de 1,5 pour les bornes de location). Ne serait-il pas plus légitime de forcer ces professionnels à pratiquer des tarifs "honnêtes" (donc oui réguler) puis de sanctionner ce qui deviendrait, de fait, des abus. Je crois sincèrement que le problème actuel est que ce sont des voleurs qui volent à d'autres voleurs.»

Lollipops argumente ainsi: «Note aux maisons de disques : j'ai seize ans, je représente vraisemblablement l'avenir de la consommation de musique et de films, j'ai grandi avec mon portable, mon ordi et internet, je ne peux pas vivre sans musique, et je fuis chaque jour un peu plus les maisons de disques. Comment? Je télécharge de la (bonne) musique libre sur Jamendo, télécharge directement la musique sur le site des artistes (comme les derniers morceaux de Noir Desir...), et je me remets à écouter de vrais bons artistes: Bashung, Rolling Stones, Gainsbourg, sans compter les 75 morceaux des Beatles que j'ai sur mon Ipod. On peut considérer que je les ai acquis légalement puisque mon père possède tous les vinyles et autres cds de ces artistes. Vous ne me croyez pas ? Regardez sur Facebook: Christophe Maé n'atteint pas les 8000 fans. Alain Bashung et les Beatles, par contre... Eh oui, c'est moi et tous les autres de ma génération qui allons consommer la musique dans dix ans. Nous sommes nés avec internet, nous savons très bien nous en servir et contourner les maisons de disques. Et nous représentons l'avenir.»

La loi n'aidera pas la consommation culturelle

Raziel ajoute que «des études scandinaves ont montré que le téléchargement gratuit favorise l'achat de musique. En effet, il est plus rassurant d'acheter un album qu'on sait qu'on va apprécier plutôt que d'en acheter un dont on n’a jamais entendu (ça n'est pas parce que les radios diffusent toutes le même single en boucle que tout l'album sera de la même qualité). D'ailleurs, de plus en plus d'artistes (jeunes en général) proposent leur musique gratuitement sur la toile alors que le CD est commercialisé et, devinez quoi, une très grande partie d'entre eux se voient récompensés par de très bonnes ventes d'albums... Que faut-il de plus aux maisons de disques et aux maisons de production de cinéma pour arrêter de prétendre qu'une oeuvre téléchargée gratuitement est une vente en moins?» Haltealaconnerie pose aussi deux questions: «Comment expliquer près de 20 millions d'entrées pour un film français disponible illégalement en parfaite qualité à peine une semaine après sa sortie? Les gens imaginent vraiment que le jour où il n'y aura plus de piratages les ventes vont grimper?»

Lejourdegloirestarrivé écrit quant à elle ceci: «C'est grâce à des sites comme Deezer que j'ai pu écouter des artistes dont je n'imaginais même pas qu'ils existaient. Ce qui ne peut être que bon pour leur promo. Et quand je veux leur acheter une chanson, elle est nulle part... Qu'aurait fait Lorie sans le téléchargement? Les majors l'auraient-ils produite. Je ne pense pas.»

La loi aboutira au flicage du dernier media non contrôlé par le gouvernement, l’Internet

Pour Amoonlight, «derrière cette loi se cache un flicage complet du Net, seul media actuellement non contrôlé par le gouvernement». Et l'internaute d'ajouter ceci: «La partie la plus aberrante étant dans cette loi de donner à un organisme privé le droit d'accuser n'importe qui sans que la justice n'en soit informée... On sera donc condamné sans qu'un juge ou une autorité judiciaire n'intervienne et la suspension de l'abonnement n'empêchera pas des poursuites et une possible condamnation au civil». Et LilaHD d'ajouter: «Cette loi vise à supprimer le droit de circuler librement sur internet grâce au spyware/malware que le gouvernement veut nous imposer pour surveiller nos connexions».

Quant à Sword, il condamne le contrôle grandissant du Net: «Ceci prouve largement le faux mobile de protection culturelle et la véritable intention de contrôler tous les citoyens sur internet dans le but de choisir à leur place ce qu'il peuvent ou pas visiter, s'ils désobéissent, c'est la sanction et la privation de l'accès à la culture. Pour le moment, les Français ne se sont pas tous rendus compte de la portée de votre projet, ni de la gravité de ses conséquences sur leur quotidien. Quand on n'aura plus rien de libre alors, la culture sera morte, les internautes dirigés sur les quelques contenus jugés acceptables par vos soins, et vous aussi serez les visiteurs d'un Internet réduit au simple contenu de votre vision de la "libre culture".»

La loi vient de motivations vénales et non culturelles

De son côté, Dacanbe s'étonne de l'omniprésence de l'argent dans les débats culturels: «Marrant que dans ce milieu d'habitude très ancré à gauche (gauche caviar, on va dire), on soit obsédé à ce point par la fortune... Pourquoi s'opposent-ils si ardemment à des solutions alternatives comme la licence globale? Qu'y aurait-il de honteux à ce qu'un artiste soit subventionné pour vivre de son art? Faut-il forcément la perspective des millions d'euros dans les poches pour que ce métier en vaille la peine? Est-ce ça la finalité de la culture? Cette culture si importante qu'un ministère lui est dédié n'est-elle qu'une vulgaire pompe à fric? Allons-nous mobiliser l'Etat pour violer les libertés individuelles, espionner et poursuivre des lycéens ou des retraités mélomanes pour alimenter cette planche à billets culturelle? La production cinématographique et musicale aurait plus sa place au ministère de l'Industrie qu'à celui de la Culture.» Et Gala d'ajouter une question: «Quid de la taxe sur les CD, DVD, clés USB, disques durs qui devait remplacer le manque à gagner des parties prenantes?»

Bastral abonde: «Ce qui me gêne dans la législation c'est que l'on parle que d'argent et de punition comme si on payait pas ses impôts! D'autre part tout le monde sait que les évolutions techniques sont incontournables, que dans notre pays un des passe-temps favori est "comment contourner la loi", que les internautes sont pour certains des informaticiens chevronnés et que "copier sans se faire voir" ne représente pas une difficulté insurmontable, mais pourrait générer un commerce parallèle des modes opératoires. Je conseille donc aux grands de l'industrie et du cinéma de balayer devant leur porte avant de continuer à prendre le bon peuple pour des vaches à lait.»

La loi ne pourra pas être appliquée

Enfin, elfedac trouve que «le problème du piratage est bien trop complexe pour être résolu de la sorte avec ce projet de loi Création et Internet qui je le répète, est inadaptée et inefficace. Il suffit de crypter l'échange de données, de passer par un réseau privé, des serveurs privés ou même de passer par plusieurs proxy pour tromper n'importe qui. On peut toujours venir à bout des nouvelles mesures de téléchargement illégale, mais au prix d'une mise à niveau technique coûteuse et incessante puisque à chaque apparition de contre mesures, de nouvelles méthodes de détournement apparaissent. L'idée de condamner les ports utilisés par le protocole p2p souligne une complète ignorance du problème puisque c'est un outil d'échange permettant d'alléger fortement la bande passante et la charge de travail de certains sites (pour un particulier souhaitant héberger un site ou un blog, les prix explosent en cas de gros trafic). D'autre part le p2p a certes été détourné à des fins illégales, mais il permet d'échanger des tas d'autres fichiers.»

De même, Alex Casablanca tempête: «Nous sommes en plein délire, J'ai du mal à saisir comment des technocrates puissent continuer à s'engluer sur ce projet de loi qui "techniquement" ne tient pas debout. Dans le monde informatique auquel j'appartiens, c'est la franche rigolade, comme si nous ne savions pas dérouter des adresses IP, utiliser des serveurs "fantôme". Au mieux le gouvernement peut essayer de vérifier nos données avec un spyware (espion), à condition que mon logiciel anti-spyware ne le détecte pas, mais dans ce cas il peut s'attendre à une pluie de plaintes auprès de la CNIL et de l'Europe car cette pratique est tout à fait illégale et assimilée au piratage. Alors plutôt que demander leurs avis aux chanteurs, aux majors, aux politiques, aux juristes, réunissez plutôt une équipe d'informaticiens et en une demi journée ils vous auront démontré que ce projet ne tient pas debout.»

Merci de votre lecture. Pour compléter, veuillez cliquer ici pour lire les centaines de doléances envoyées par les internautes.

Bien à vous,
20minutes.fr»
PA, CD et AA
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