Concurrence: Facebook gagne la première manche de sa bataille antitrust et dépasse les 1.000 milliards de dollars

ETATS-UNIS Un juge a rejeté la plainte pour abus de position dominante, mais les autorités ont 30 jours pour revenir à la charge en apportant des précisions

20 Minutes avec AFP
Des silhouettes à l'effigie de Mark Zuckerberg à Washington.
Des silhouettes à l'effigie de Mark Zuckerberg à Washington. — Jose Luis Magana/AP/SIPA

Une plainte trop vague, un argumentaire pas convaincant, et des objections trop tardives. Un juge américain a infligé un cinglant revers aux autorités du pays qui accusaient Facebook de pratiques anti-concurrentielles, en rejetant lundi leurs plaintes déposées fin 2020, faisant grimper le réseau social au-dessus des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière pour la première fois. Ce n’est toutefois pas la fin du feuilleton : une copie corrigée pourra être remise sur le tapis dans les 30 jours.

L’autorité américaine de la concurrence (FTC) et les procureurs représentant 48 Etats et territoires estimaient que Facebook abusait de sa position dominante et de ses coffres bien remplis pour évincer la concurrence et demandaient notamment à la justice de forcer l’entreprise à se séparer d’Instagram et WhatsApp. Mais selon le juge James Boasberg, « la FTC n’est pas parvenue à présenter suffisamment de faits pour établir de manière plausible » que le groupe disposait vraiment d’un pouvoir monopolistique sur les réseaux sociaux.

La plainte de l’agence « ne dit presque rien de concret sur la question clé du pouvoir réel de Facebook (…), c’est presque comme si l’agence s’attendait à ce que le tribunal approuve sans broncher l’idée répandue selon laquelle Facebook est un monopole », remarque le magistrat dans son argumentaire.

Une opposition au rachat d’Instagram trop tardive

Concernant les allégations formulées par les procureurs généraux à l’encontre des rachats par Facebook d’Instagram et de WhatsApp en 2012 et 2014, le juge a estimé que, déposées en 2020, elles étaient bien trop tardives, alors que la FTC n’avait rien trouvé à redire à l’époque. Il a par ailleurs affirmé que la politique selon laquelle Facebook empêchait le transfert des données vers des applications concurrentes comme Twitter, TikTok ou Snapchat, n’était pas contraire aux lois sur la concurrence.

Le réseau social s’est félicité de ces décisions, qui « reconnaissent les défauts des plaintes gouvernementales déposées contre Facebook ». « Nous rivalisons tous les jours équitablement avec d’autres entreprises pour gagner le temps et l’attention des gens », a affirmé un porte-parole.

A Wall Street, l’action du groupe de Mark Zuckerberg, a terminé dans la foulée en hausse de 4,2 %, dépassant pour la première fois le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars de capitalisation.

30 jours pour revenir à la charge

Le juge laisse toutefois une porte ouverte : s’il rejette entièrement la plainte des procureurs généraux, il donne à la FTC trente jours pour présenter de nouveaux documents étayant plus précisément ses accusations.

Ces décisions interviennent au moment où les autorités américaines élèvent le ton face à Google, Apple, Facebook et Amazon, les fameux Gafa. D’autres poursuites ont ainsi été lancées ces derniers mois contre Google pour abus de position dominante, et de nombreuses enquêtes sur les Gafa sont toujours en cours.

Des accusations anticoncurrentielles de même ordre avaient été lancées à la fin des années 1990 contre le groupe informatique Microsoft. Après près de trois ans de procédure, le ministère de la Justice n’était toutefois pas parvenu à démanteler la firme.