Présidentielle américaine : Facebook et Twitter se préparent à des scénarios catastrophes

ELECTION Les plateformes craignent que Donald Trump conteste les résultats de l’élection sur les réseaux sociaux

H. B. avec AFP

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Facebook et Twitter se préparent au pire pour la présidentielle américaine.
Facebook et Twitter se préparent au pire pour la présidentielle américaine. — Olivier DOULIERY / AFP

Et si Donald Trump, en cas de défaite, tentait de prétendre sur les réseaux sociaux qu’il avait gagné ? C’est l’un des nombreux scénarios problématiques auxquels Facebook et Twitter, entre autres, se préparent activement, à un peu plus de mois de l’élection présidentielle.

Selon le New York Times, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, tient des réunions quotidiennes avec d’autres responsables sur les risques que ses plateformes puissent être utilisées pour contester les résultats. Car depuis quelques semaines, le président américain met régulièrement en doute la fiabilité du vote par correspondance, indispensable en cette période de pandémie.

« Une série d’exercices d’urgence et de simulations »

« Nous avons déjà réalisé une série d’exercices d’urgence et de simulations pour imaginer des situations possibles et nous assurer que nous sommes prêts à y faire face », déclarait récemment Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité de Facebook.

Twitter, de son côté, envisage la possibilité que la période électorale dure bien au-delà du 3 novembre, jusqu’à l’investiture du président élu, en janvier. « Nous tirons des leçons de tous les scrutins récents dans le monde pour améliorer notre travail sur l’intégrité des élections », a déclaré vendredi Jessica Herrera-Flanigan, l’une des vice-présidentes du réseau.

Des posts de Trump déjà épinglés par les plateformes

Signe de l’enjeu exceptionnel de ces préparatifs, les plateformes rivales collaborent activement pour éviter de reproduire les scandales de 2016. La présidentielle précédente avait été marquée par des campagnes d’influence déguisées, principalement orchestrées depuis la Russie. Afin de déjouer ce genre d’opérations de manipulation, les acteurs du secteur technologique rencontrent régulièrement la police fédérale américaine (FBI) et d’autres autorités.

Mais la situation pourrait se compliquer si jamais le président lui-même venait à semer la confusion. Les plateformes ont indiqué qu’elles ne comptaient pas rester « passives ». Facebook et Twitter ont d’ailleurs déjà sévi, en épinglant des notes d’information sur des posts de Donald Trump sur le vote par correspondance, jugés trompeurs et dangereux pour la bonne marche du scrutin. Contrairement à Twitter, Facebook a jusqu’à présent autorisé les publicités politiques, mais pourrait les bannir après l’élection si jamais si le groupe le jugeait nécessaire pour lutter contre la désinformation, estime le New York Times.