Coronavirus : Publications, pétitions, appels au boycott… Comment les anti-masques s’organisent sur les réseaux sociaux

SANTÉ Des milliers d’internautes se rassemblent sur les réseaux sociaux pour s’opposer au port du masque, et tentent d’organiser la riposte, notamment sur Facebook

Hakima Bounemoura

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Le masque, symbole de la crise sanitaire que nous vivons.
Le masque, symbole de la crise sanitaire que nous vivons. — Pixabay
  • Depuis ce lundi 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics clos en France.
  • Sur les réseaux sociaux, des milliers d’internautes se réunissent dans des groupes Facebook pour militer contre le port du masque, qu’ils jugent « inutile » ou bien même « dangereux ».
  • Publications, pétitions, appels au boycott… le mouvement anti-masques prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur dans l’Hexagone.

Ils ne veulent pas être des « moutruches », ces gens « qui se comportent à la fois comme des moutons, en suivant la tendance générale, et comme des autruches, refusant d’affronter certaines évidences ». Depuis quelques semaines, des milliers d’internautes se rassemblent sur les réseaux sociaux pour s’opposer au port du masque, et montrer leur mécontentement. Depuis l’annonce faite le 14 juillet par le président Macron de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos pour lutter contre la propagation du Covid-19, de nombreux internautes tentent d’organiser la riposte, notamment sur Facebook.

« Regroupement contre le port du masque », « Anti masque obligatoire », « Accrochez-vous, ça bouge », « Le masque ne sert à rien »… La décision prise par les autorités sanitaires a fait exploser les compteurs de certains groupes Facebook qui luttent activement contre cette mesure qu’ils considèrent « liberticide » et « dénuée de tout fondement ». Malgré son efficacité prouvée et son usage recommandé par l’Académie de médecine, l’obligation de porter le masque dans certains lieux a encore du mal à être acceptée par une partie des Français. Selon un sondage BVA réalisé le 17 juillet pour RTL et Orange, ils sont 15 % à être opposés à cette mesure, et même 22 % chez les 18-34 ans.

« Inutile » pour les uns, « dangereux » pour les autres

Nombre d’entre eux estiment que le port du masque « ne sert à rien ». A l’image de Mourad, créateur et administrateur du groupe Facebook « Anti masque obligatoire » qui compte plus de 800 membres. « Je ne vois aucune utilité à porter un masque lorsqu’on n’est pas malade, et lorsqu’on nous impose déjà une distanciation sociale », explique le jeune homme, qui a créé cette page en mai dernier, au moment où le masque a été rendu obligatoire dans les transports en commun. « Sur les boîtes de masques chirurgicaux “trois plis”, il est par ailleurs écrit noir sur blanc qu’ils ne protègent pas du Covid-19. Il faut donc arrêter toute cette mascarade », ajoute-t-il.

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à faire part ouvertement et publiquement de leur scepticisme. Partage d’articles de presse, mèmes humoristiques ou encore coups de gueule… Plus de 200 publications ont ainsi été publiées ce mercredi 22 juillet sur le groupe Facebook « Anti masque obligatoire ». « J’ai adhéré à ce groupe car je refuse personnellement de porter le masque pour des raisons médicales. Je ne peux plus sortir de chez moi, il m’est tout simplement impossible d’en mettre, car je fais des sinusites et allergies chroniques », raconte Sabrina, 42 ans, qui milite pour que les autorités sanitaires « mettent en place des mesures dérogatoires pour certaines populations ».

L'infographie de Sott.net a été repartagée par de très nombreux internautes.
L'infographie de Sott.net a été repartagée par de très nombreux internautes. - Capture d'écran Sott.net

D’autres sont réfractaires au port du masque car, selon eux, il serait dangereux. De nombreux posts diffusés ces derniers jours sur le groupe « Regroupement contre le port du masque », qui compte près de 8.000 abonnés, se font d’ailleurs l’écho d’une infographie, diffusée par Sott.net, un site conspirationniste, qui explique que le port du masque « diminuerait l’apport en oxygène », « augmenterait l’inhalation de toxines » ou bien « détériorerait le système immunitaire ». Des affirmations qui ne s’appuient actuellement sur aucun argument scientifique… A l’image des groupes « anti-confinement » qui étaient apparus lors de la quarantaine, bon nombre de ces groupes « anti-masques » reprennent en réalité de nombreuses thèses complotistes, qui sont ensuite partagées sans aucune vérification.

Une nouvelle fronde populaire ?

En France, les contestataires ne battent pas encore le pavé, mais outre les nombreuses publications, une pétition contre le port du masque circule, réunissant pour l’instant plus de 6.000 signataires. Plusieurs appels au boycott des magasins et autres enseignes ont également été lancés sur les réseaux sociaux. « Restons unis ! Créons nos propres réseaux, affichons des messages de contestation sur nos masques, boycottons les magasins nous obligeant à en porter, créons des services « Drive sans masque » avec nos petits commerces », a ainsi lancé une internaute sur le groupe Facebook « Accrochez-vous, ça bouge », qui comptabilise plus de 5.000 abonnés.

« A partir de lundi, on boycotte tous les magasins qui nous obligent à porter un masque ? Qui est d’accord ? », a également déclaré en début de semaine une autre internaute. « Notre objectif, c’est de mobiliser le maximum de personnes », confirme Mourad, qui précise désormais « ne plus aller au restaurant ou dans les brasseries le temps que cette mesure va durer ». « Nous espérons mobiliser énormément de gens, des Français, des touristes en vacances dans notre pays », ajoute également Angélique, modératrice sur un autre groupe Facebook.

Le mouvement anti-masques semble donc prendre de plus en plus d’ampleur dans l’Hexagone. Un phénomène qui vient tout droit des Etats-Unis, et du Québec où la contestation « anti-masques » bat son plein. Facebook vient d’ailleurs d’annoncer la suppression du groupe « Unmasking America », dont les membres entendaient faire connaître la vérité sur le port du masque pour lutter contre le coronavirus. La plateforme a expliqué que la page, qui regroupe près de 9.000 abonnés, enfreignait le règlement en matière de propagation de « fake news » sur le Covid-19. Le réseau social a également indiqué étudier d’éventuelles mesures contre d’autres groupes similaires.