Banques, supermarchés, lieux de culte... La liste complète des lieux publics clos où le port du masque est obligatoire

SECURITE SANITAIRE Déjà obligatoire dans les transports en commun, le masque doit être porté dans l’ensemble des lieux clos accueillant du public à compter de ce lundi

A.B.

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Explicagif: Le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos. C'est-à-dire? — 20 Minutes

Afin d’enrayer des signes « inquiétants » de reprise de l’épidémie de coronavirus, le port du masque est désormais obligatoire dans les lieux publics clos. En plein cœur de l’été, cette mesure répond aux signes d’un léger regain du virus : hausse des recours à SOS médecins, des passages aux urgences et du nombre de clusters, même si la situation reste sous contrôle.

« Nous constatons qu’il y a des signes inquiétants de reprise épidémique sur le territoire national », a indiqué sur Franceinfo le ministre de la Santé Olivier Véran, mentionnant « entre 400 et 500 clusters de coronavirus », notamment en Mayenne, en Bretagne et dans le Grand-Est. Il a toutefois précisé qu'« à ce stade, nous sommes très loin de la deuxième vague ».

Ce dimanche, la Direction générale de la Santé (DGS) a dévoilé la liste des lieux publics clos où le port du masque est désormais obligatoire.

Bibliothèques, lieux de culte, musées, etc.

Le port du masque chirurgical ou « grand public » (en tissus) était déjà obligatoire dans les transports en commun depuis le 11 mai. Il est désormais imposé à tout le monde dans les « magasins de vente, centres commerciaux, administrations, banques et marchés couverts », a détaillé dimanche la direction générale de la Santé. Ces établissements s’ajoutent à la liste des lieux où le port du masque était déjà prévu pour lutter contre le Covid-19.

Les salles de réunion et de spectacle, cinémas, restaurants, hôtels, salles de jeux, établissements d’enseignement, centre de vacances, bibliothèques, lieux de culte, établissements sportifs couverts, musées, gares et aéroports étaient en effet déjà concernés par le port du masque obligatoire, « parfois avec des règles spécifiques », rappelle la DGS.

« Réduire la circulation du virus »

Le président Emmanuel Macron avait annoncé le 14 juillet que l’obligation de porter un masque entrerait en vigueur le 1er août, mais la date a été rapidement avancée face aux critiques des médecins qui alertent sur ces « signaux faibles » de reprise de l’épidémie de Covid-19 et le relâchement des mesures barrières.

« Sauver des vies, protéger les plus vulnérables, réduire la circulation du virus : c’est de notre civisme que dépend la santé de tous », a commenté sur Twitter dimanche le Premier ministre Jean Castex.

Et pour encourager ce civisme, « le non-respect de cette mesure pourrait être susceptible, comme c’est le cas dans les autres lieux où le port du masque est obligatoire, notamment les transports, d’une contravention de 4e classe », soit une amende forfaitaire de 135 euros.

« Eviter un reconfinement »

Pour le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, « l’objectif est d’éviter un reconfinement général. On l’a fait en mars parce qu’on ne connaissait pas ce virus et ses conséquences. Cette fois, notre action est plus ciblée, à travers notamment des campagnes de dépistage massif et la maîtrise des clusters ». « L’important c’est que les Français portent le masque non par crainte du gendarme, mais du virus », a-t-il souligné à La Provence.

« On va tout faire pour éviter un confinement généralisé », a abondé sur RTL l’immunologiste Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique qui guide les autorités françaises pendant la pandémie, regrettant par ailleurs que « l’accès aux tests n’était pas encore suffisamment fluide ».

Au niveau national, le taux de reproduction effectif du virus (ou « R effectif », basé sur les tests virologiques positifs) est repassé légèrement au-dessus de 1 depuis la première semaine de juillet, et se situe actuellement à environ 1,20, selon Santé publique France. Cela signifie que chaque malade du Covid-19 contamine en moyenne 1,2 autre personne, ce qui va dans le sens d’une tendance à l’augmentation de la circulation du virus.

Volte-face

La décision de rendre le masque obligatoire constitue une volte-face du gouvernement français qui, se basant sur les recommandations internationales, notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait martelé au début de l’épidémie que les masques n’étaient utiles qu’aux soignants et aux malades.

Mais pour les promoteurs de la première heure de son port généralisé, ce discours, en France comme dans d’autres pays occidentaux, était avant tout destiné à éviter que le grand public ne s’accapare les masques dont manquaient cruellement les professionnels de santé.

Très critiqué pour l’absence d’un stock stratégique suffisant au début de l’épidémie, le gouvernement français veut désormais atteindre l’objectif d’environ 60 millions de masques d’ici fin septembre/début octobre, contre 3,5 millions avant la crise. Autre facteur qui justifie le revirement des autorités françaises : les « incertitudes » sur la transmission du virus dans l’air.