Twitter ferme plusieurs comptes du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire

MODERATION Le réseau social a fermé les comptes des leaders du groupuscule d’extrême droite, et ceux de plusieurs de ses sections locales

H. B.

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Une manifestation de Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite.
Une manifestation de Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite. — MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Twitter a décidé de faire le grand ménage. Plusieurs comptes du mouvement d’extrême droite Génération identitaire (GI) ont été fermés par Twitter depuis vendredi 10 juillet. Les principaux cadres et personnalités du groupuscule ont ainsi été exclus ces derniers jours du réseau social : Romain Espino, Thaïs d’Escufon, Anaïs Lignier, Clément Martin, mais aussi les comptes de sections locales du groupe, comme Génération identitaire Paris ou Lyon.

Des comptes au nom du groupe en français, allemand ou néerlandais ne sont également plus accessibles, tout comme celui de « Defend Europe », utilisé pour relayer les opérations antimigrants du groupe, comme les blocages menés dans les Alpes au printemps 2018.

Twitter n’a pas expliqué les raisons de ces suppressions en série. Mais l’objectif du réseau social est clair : montrer qu’il change d’attitude face aux messages de haine en ligne. La plateforme est en effet régulièrement critiquée pour ses pratiques laxistes en matière de modération. Mais depuis quelques mois, le réseau social a fait évoluer certaines de ses règles. Il y a quelques semaines, Twitter a ainsi masqué pour la première fois un message de Donald Trump qui selon la plateforme faisait une « apologie de la violence ».

Une « censure idéologique »

Génération identitaire a estimé que ces suppressions de compte constituaient une « censure idéologique ». Sur son site officiel, le groupuscule dit avoir mandaté un avocat pour porter plainte et a fait savoir que des poursuites seraient engagées contre le réseau social pour « faire rétablir les comptes supprimés ».

Des leaders du groupe, et certaines personnalités proches, ont également annoncé qu’ils migraient vers d’autres plateformes. Ils sont ainsi plusieurs, dont Thaïs d’Escufon, à avoir rejoint l’application « Parler » sur laquelle les propos racistes, antisémites, complotistes et violents sont très présents. Ce nouveau réseau de microblogging, qui ressemble beaucoup à Twitter, dit vouloir favoriser « la liberté d’expression » et lutter contre le « technofascisme ».