Génération identitaire, «c'est une école de formation pour rejoindre le Front national»

EXTRÊME DROITE Ce mouvement de jeunesse d’extrême droite est habitué aux coups médiatiques…

O. P.-V.

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Une militante anti-migrants au col de l'Echelle le 21 avril 2018.
Une militante anti-migrants au col de l'Echelle le 21 avril 2018. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Génération identitaire a été créé en 2012.
  • C'est la branche jeunesse du Bloc identitaire.
  • Le mouvement s'est fait connaître par l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers, en octobre 2012.

« Un coup de com’réussi ». C’est le député FN Louis Aliot qui l’a dit ce lundi sur RMC. Les militants de Génération identitaire qui ont bloqué ce week-end le col de l’Echelle dans les Alpes, lieu de passage des migrants à la frontière entre la France et l’Italie, ont fait parler d’eux jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où se bouclait dans le même temps l’adoption du projet de loi asile-immigration.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a parlé de « gesticulations », le député FI Jean-Luc Mélenchon de « pitres un peu dérangés » et « dangereux ». 20 Minutes fait le point sur ce mouvement de jeunesse d’extrême droite.

« Nous avons réussi à attirer l’attention médiatique et politique sur le col de l’Échelle », s’est réjoui le porte-parole du groupe, Romain Espino. Génération identitaire a effectivement réussi son coup (la preuve, 20 Minutes en parle), plaçant son hashtag #DefendEurope parmi les sujets les plus discutés sur Twitter ce week-end.

Branche jeunesse du Bloc identitaire

Né en 2012, le mouvement est la branche jeunesse du Bloc identitaire, créé en août 2002 dans la foulée de la dissolution d’Unité radicale, dont Maxime Brunerie, qui avait tenté d’assassiner Jacques Chirac le 14 juillet 2002, était un sympathisant. Si Génération identitaire revendique 3.000 adhérents, le politologue Jean-Yves Camus pense que seulement quelques centaines d’entre eux sont actifs. « Ils sont très bons pour mettre en scène des évènements bien préparés, leur professionnalisme est clair, et ils tiennent à ce qu’il n’y ait pas de violence », explique ce spécialiste de l’extrême droite.

Parmi ces actions médiatiques, il y a eu notamment l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers en octobre 2012 par des militants du mouvement qui se revendiquaient de Charles Martel, figure régulièrement citée par l’extrême droite. 73 personnes avaient été déférées en justice. Génération identitaire a aussi effectué des coups médiatiques sur le toit du siège du PS en 2013 ainsi qu’à Calais en 2016.

« C’est une école de formation pour rejoindre le FN »

De tous les mouvements de jeunesse classés très à droite, il est le plus important : « C’est une école de formation pour rejoindre le FN, en tout cas pour ceux qui veulent faire carrière dans la politique. C’est largement le groupe le plus visible et sans doute celui comptant le plus de membres », détaille Jean-Yves Camus.

Spécificité du mouvement : ses membres s’affichent à visage découvert. Mais il n’y a pas de figure de proue, car « les cadres tournent vite, comme souvent dans les mouvements de jeunesse », ajoute le politologue.

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