Coronavirus: Téléphone, Internet… Se dirige-t-on vers la saturation des réseaux si le confinement se prolonge?

EPIDEMIE Renforcées, les mesures de confinement imposées aux Français pourraient finir par congestionner les réseaux et restreindre à terme notre accès à Internet

Christophe Séfrin

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Avec le coronavirus, l'utilisation des réseaux et des réseaux sociaux monte en flèche... durablement.
Avec le coronavirus, l'utilisation des réseaux et des réseaux sociaux monte en flèche... durablement. — Gerd Altmann - PixaBay
  • Contraints de rester à la maison et de respecter les mesures de confinement imposées par l’épidémie de coronavirus, les Français vont solliciter les réseaux plus que de coutume.
  • D’où la question : faut-il craindre un risque de saturation et d’engorgement qui rende notre utilisation d’internet plus compliquée, voire impossible ?
  • Les opérateurs interrogés soutiennent que les réseaux sont dimensionnés pour absorber les pics de consommation, mais précisent qu’en cas de besoin il sera nécessaire d’en appeler à la responsabilité numérique des Français.

Des réseaux qui saturent, des communications de plus en plus difficiles… et des soirées Netflix qui risquent de buguer ? Certains d’entre nous l’on parfois constaté : depuis quelques heures, les réseaux de téléphonie et parfois même d’Internet ne sont pas toujours au meilleur de leur forme. Est-ce inquiétant à l’heure où le Covid-19 impose ses mesures de confinement et contraint une majorité de Français à rester cloîtrés à la maison ?

Encaisser le choc des datas

C’était déjà souvent le cas ce lundi 16 mars lorsque l’on passait un appel téléphonique. Une fois le numéro de notre correspondant composé, il fallait attendre quelques secondes avant que son téléphone sonne. Cela « moulinait » aussi un peu sur la Toile, comme l’a constaté Nouria : « Ma page Facebook a souvent été longue à charger vers 9 h. J’ai bien senti qu’on devait être plus nombreux que d’habitude à vouloir partager le même tuyau. » Selon l’Arcep, 30 millions de foyers français disposent aujourd’hui d’un abonnement Internet fixe en haut débit (ADSL) ou très haut débit (fibre optique ou 4G fixe).

Interrogés, les opérateurs se veulent pour le moment rassurants. « Nous avons un réseau qui est dimensionné pour absorber de forts pics de consommation, notamment le soir. Cette pleine capacité est aussi disponible durant la journée », indique un porte-parole de Bouygues Telecom, qui précise : « On peut encaisser le choc des datas et l’on suit le trafic en permanence pour réagir si besoin. »

Gérer les prochains mois

« La capacité des opérateurs à absorber les pics de consommation est importante, mais nous ouvrons une nouvelle séquence exceptionnelle qui nous impose d’être réactifs et très attentifs aux évolutions de la consommation », réagit Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms (FFTélécoms) qui regroupe 17 opérateurs et fournisseurs de services de communication électronique en France, dont Orange, Altice-SFR et Bouygues Telecom. Et qui prévient : « Les pics auxquels nous sommes habitués et préparés vont se transformer en hausse continue de la consommation et ce, sur la longue route. Il ne s’agit pas de gérer pour les prochains jours mais pour les prochains mois. »

Une nouvelle plateforme web vous propose de diviser les frais de vos abonnements avec vos proches.
Une nouvelle plateforme web vous propose de diviser les frais de vos abonnements avec vos proches. - iStock / City Presse

Prioriser les flux en cas de congestion

Vigilance, donc. « Nous pourrions prendre des mesures de précaution en cas de forte congestion et faire de la priorisation des flux en choisissant effectivement des services plus essentiels que d’autres », poursuit Arthur Dreyfuss. Exit Netflix, les plateformes de streaming et de gaming qui risquent d’être largement sollicitées pour tromper l’ennui (et se changer les idées) ? « Honnêtement, à ce jour, on en est loin, et tout fonctionne normalement chez nous ! », rassure de son côté le porte-parole de Bouygues Telecom.

Reste selon la Fédération française des Télécoms que « nous entrons dans une ère de discipline sociale qui doit s’accompagner de responsabilité numérique. Tandis que 15.000 techniciens et ingénieurs sont mobilisés chez les opérateurs, le pays doit s’organiser avec une partie substantielle de Français qui doit pouvoir communiquer, s’informer, travailler ou étudier depuis la maison. « Et évidemment, plus que tout, nous devons accompagner les services de santé dans cette période exceptionnelle », souligne le président de FFTélécoms.

Une période exceptionnelle où il est d’ores et déjà recommandé pour soulager les réseaux d’utiliser le wifi plutôt que la 3G/4G dès que possible pour communiquer, regarder des vidéos ou jouer en ligne.