Les cofondateurs de Google quittent la direction d’Alphabet et passent la main à Sundar Pichai

TECHNOLOGIE Larry Page et Sergey Brin ont cofondé Google il y a vingt et un ans mais ils se sont faits discrets depuis 2015

P.B.

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Les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page (gauche) ont passé la main à la tête d'Alphabet à Sundar Pichai.
Les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page (gauche) ont passé la main à la tête d'Alphabet à Sundar Pichai. — Sipa

Une page se tourne. Alors qu’ils étaient déjà en retrait depuis 2015, les cofondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, ont annoncé mardi qu’ils quittaient la direction d’Alphabet (la structure chapeautant Google et ses autres divisions). C’est Sundar Pichai qui hérite de la double casquette de directeur général de Google et d’Alphabet. Et de la lourde tâche de tenir le cap face aux turbulences actuelles, entre une enquête antitrust, des polémiques sur les données personnelles et la fronde de certains employés.

« Si Google était une personne, elle aurait 21 ans, et le temps serait venu de quitter le nid. Même si cela a été un immense honneur d’être impliqué dans le management au quotidien de l’entreprise, nous pensons que l’heure a sonné de tenir le rôle de parents fiers – donner des conseils et de l’amour mais pas des instructions constantes », écrivent les cofondateurs. Ils vont toutefois conserver leur poste au conseil d’administration d’Alphabet et continuer de contrôler l’entreprise avec la majorité des droits de vote.

La confusion Alphabet

Larry Page et Sergey Brin n’ont jamais eu le goût du management. En 2001, c’est le vétéran de Sun Microsystems Eric Schmidt qui était venu jouer les mentors comme directeur général, afin de préparer l’entrée en Bourse de Google. Schmidt avait laissé les rênes à Larry Page en 2011 tandis que le geek Sergey Brin se concentrait sur les projets futuristes («moonshots ») comme la voiture autonome.

En 2015, l’entreprise s’est restructurée : la holding Alphabet a été créée, rassemblant une quinzaine de filiales indépendantes dont Google, Waymo (voiture autonomes), Deepmind (intelligence artificielle) ou encore Calico (biotechnologie). L’initiative, destinée avant tout à Wall Street, a semé la confusion chez le grand public, et le fait que tous les bénéfices d’Alphabet soient générés par Google n’arrange rien.

Turbulences en vue

Sundar Pichai, lui, a gravi les échelons sans faire de bruit. D’abord patron du navigateur Chrome, il est devenu directeur général de Google lors de la restructuration de 2015. C’est souvent lui qui est présent lors des conférences avec les investisseurs, pour les lancements de produits ou lors de la conférence annuelle Google I/O. Et c’est également lui qui a dû s’exprimer devant le Congrès américain sur les données personnelles, gérer la fronde des employés face à la collaboration de l’entreprise avec l’armée américaine et répondre à la polémique sur la discrimination et des accusations de harcèlement sexuel dans la société.

La suite s’annonce toute aussi chargée pour Pichai. Google est sous la menace d’une vaste enquête antitrust lancée par presque tous les Etats américains, et plusieurs employés licenciés récemment devraient porter plainte, accusant l’entreprise de représailles après leur mobilisation dans des grèves. Pas sûr que ça laisse beaucoup de temps au nouveau patron pour l’innovation.