#UberCestOver… Le hashtag qui dénonce les agressions sexuelles commises par des chauffeurs Uber

AGRESSIONS SEXUELLES De nombreuses jeunes femmes accusent des chauffeurs de la compagnie de VTC de les avoir harcelées ou agressées sexuellement

H. B.

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Le logo de Uber sur un écran à la bourse de New York le 16 août 2019.
Le logo de Uber sur un écran à la bourse de New York le 16 août 2019. — Richard Drew/AP/SIPA

Les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, des utilisatrices de la plateforme de VTC Uber racontent les agressions sexuelles qu’elles ont subies de la part de certains chauffeurs de la compagnie de transport privée. Depuis le 19 novembre, près de 150 témoignages de jeunes femmes agressées par leur chauffeur ont ainsi été publiés sur les réseaux sociaux avec le hashtag  #UberCestOver [« Uber c’est fini »].

Tout est parti du récit d’une étudiante strasbourgeoise, qui a raconté sur Twitter sa terrible mésaventure. Son témoignage est devenu viral, et d’autres jeunes femmes ont à leur tour dénoncé des faits similaires.

« Il a pris ma main, m’a touché la cuisse (…) Avant que je sorte de la voiture, il a tenté de m’embrasser »

Sonia, une étudiante de 22 ans qui venait de passer la soirée dans le centre de Strasbourg, a fait appel samedi 16 novembre vers 3h40 à un Uber avec trois amis pour être raccompagnés, rapportent les DNA. Une fois ses amis déposés, le chauffeur qui la conduisait chez elle, lui a posé des questions indiscrètes avant de lui « saisir très fort la main, de la passer sur la cuisse puis sur la sienne. » Elle a alors repoussé l’individu, qui, une fois arrivé à destination, aurait tenté de l’embrasser. Choquée, la jeune femme a immédiatement prévenu la société Uber, puis a porté plainte au commissariat le lendemain.

Après avoir lu le témoignage de Sonia sur les réseaux sociaux, une autre femme de 24 ans a raconté avoir été victime d’un chauffeur Uber au même prénom et dans les mêmes circonstances en 2017. Elle s’est confiée à Anna Toumazoff, créatrice du compte Instagram @memespourcoolkidsfeministes, qui décide alors de relayer l’information auprès de ses 31.000 abonnés via une vidéo mardi. En 48 heures, elle reçoit plus d’une centaine de témoignages similaires de toute la France.

« Nous prenons vos véhicules souvent juste pour se sentir en sécurité, et on risque ça, sérieux ? »

Anna Toumazoff, également chargée de communication pour la newsletter féministe « Les Glorieuses », a partagé dans ses stories sur son compte Instagram une grande partie des témoignages qu’elle a reçus. « Coucou Uber, vous voulez toujours pas parler de vos chauffeurs agresseurs/violeurs multirécidivistes et du fait que vous les laissez en service, nous exposant toutes au pire ? Mieux encore, vous ne répondez à rien et effacez nos commentaires ? » ou encore « Nous prenons vos véhicules souvent juste pour se sentir en sécurité, et on risque ça, sérieux ? Pas de souci, mais nous on va vous inonder en tout cas. On est des milliers, on a nos claviers, notre hashtag #UberCestOver et notre détermination. Uber, il va falloir se justifier », peut-on lire sur son compte Instagram.

La société Uber a réagi sur les réseaux sociaux, assurant que « la sécurité des utilisateurs de l’application Uber est une priorité absolue. Toute agression est traitée dans le cadre d’une procédure intransigeante (…) Les situations de harcèlement et d’agression sexuelle ne peuvent pas rester sans suite », a répondu l’entreprise américaine.

Contactée par le HuffPost, Anna Toumazoff explique avoir l’intention de continuer à partager via son compte Instagram@memespourcoolkidsfeministes le maximum de témoignages. Elle réclame aujourd’hui la mise en place d’un dispositif pour « une vérification scrupuleuse des profils avec l’interdiction d’exercer pour les chauffeurs ayant été condamnés pour des faits d’agressions sexuelles ».