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Doigts coupés, voiture volante et «bonne étoile»... Qui est Franky Zapata?

Traversée de la Manche en Flyboard: Doigts arrachés, voiture volante et «bonne étoile»... Le destin fou de Franky Zapata

PORTRAITCe Marseillais de 40 ans tente de traverser la Manche sur son Flyboard Air, un engin fou qui permet de voler à 200 km/h
Jean Saint-Marc

Jean Saint-Marc

L'essentiel

  • Franky Zapata tente ce jeudi de traverser la Manche sur son Flyboard Air, 110 ans après Louis Blériot.
  • Avant cette tentative, « 20 Minutes » tire le portrait de cet ancien champion de jet-ski, inventeur obsessionnel, qui a vécu une « vie de bohème » et a eu maille à partir avec la gendarmerie.

Selon lui, Franky Zapata n’est ni inventeur, ni sportif, ni businessman. Pourtant, à première vue, il semble être les trois à la fois. Ce Marseillais de 40 ans, qui tente ce jeudi de traverser la Manche à bord d’un Flyboard Air, se définit comme un « solutionneur de problèmes », avant de préciser : « Je suis surtout bon pour survivre, c’est comme ça que je me définirais ! J’ai une bonne étoile, je travaille dur, je ne lâche jamais… Et je trouve toujours comment me tirer des situations. »

Il ne faut donc pas s’inquiéter pour Franky Zapata, même s’il estime à « 30 % » les risques de s’abîmer dans la Manche, ce jeudi. Avant sa tentative, retour sur l’impressionnant CV de ce précurseur au nom de révolutionnaire mexicain.

Le premier essai du Flyboard Air a été calamiteux : il a perdu deux doigts

Sorte de skateboard volant, doté de cinq turboréacteurs pour propulser à 200 km/h un homme debout, le Flyboard Air est évidemment un engin dangereux. Diabolique, même, pouvait-on conclure après le premier essai. « J’ai deux doigts qui se sont arrachés dans les turbines et la machine s’est écrasée contre le mur de mon atelier », raconte Franky Zapata, qui a dû « négocier avec sa femme pour qu’elle le laisse remonter dessus ».

Le Flyboard Air, c’est « sa vie »

Malgré ces débuts ratés, Franky Zapata est tombé fou amoureux de cet engin : « C’était plus fort que moi. Quand j’ai vu la machine voler, je me suis dit : “c’est ce que je dois faire de ma vie !” » Six ans plus tard, il ne compte pas les heures consacrées au perfectionnement de sa machine. Mais son amour pour elle est toujours aussi fort : « Le Flyboard, c’est ma vie. C’est rentré dans mon ADN : je ne peux plus vivre sans voler ! »

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L’engin a longtemps été cloué au sol, et Zapata a même fini « en caleçon » au commissariat

La dernière fois qu’on avait eu Franky Zapata au téléphone, il se morfondait. Faute d’autorisation, son engin était cloué au sol. Et l’inventeur se demandait sérieusement s’il n’allait pas quitter la France pour les Etats-Unis ou pour un pays du Golfe : « Un gros investisseur d’Abu Dhabi me propose 40 millions d’euros », assurait-il.

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Pendant ce temps-là, en France, Zapata était un peu un paria : une interdiction de vol, une enquête pour non-respect des règles minimales de survol et conduite d’un aéronef sans avoir les titres nécessaires »… et un passage au commissariat. « J’ai été interrogé par les gendarmes et je me suis retrouvé en caleçon pour les photos, comme un criminel », pestait-il à l’époque.

Franky Zapata a fini par être soutenu en France

Ses nombreuses menaces de délocalisation ont fini par payer. Franky Zapata a obtenu les autorisations de vol et même, étonnant retournement de situation, a eu le soutien de l’armée française. Après avoir longtemps regardé le projet avec méfiance, l’Etat a finalement investi, en 2018, 1,3 million dans le développement du Flyboard Air. « C’est pas du tout gadget », affirme Françoise Parly, la ministre des Armées, qui évoque « une plate-forme logistique volante » ou « une plateforme d’assaut » avec un « effet de surprise considérable. »

Dans une première vie, Zapata était champion de jet-ski et vivait dans un camion

Pilote professionnel de jet-ski, Franky Zapata affiche un palmarès impressionnant : il est deux fois champion du monde et sept fois champion d’Europe. Il vivait à l’époque dans un camion, au bord de l’étang de Berre, avec sa femme, Krystel. Elle raconte :

« On n’avait pas les moyens d’avoir un appartement. Il fallait avoir des fiches de paie, des cautions… Alors on vivait dans le camion ! C’était trop bien ! » »

Franky Zapata parle « des plus belles années de sa vie », « une vie de bohème, sans argent, mais je parcourais le monde ! » C’est à ce moment-là qu’il se découvre une âme d’inventeur : « Il inventait déjà des systèmes pour ses jet-skis, avec de l’air ou des bouteilles de Paintball. Il voulait toujours améliorer ce qu’il avait », raconte son épouse.

Son projet suivant ? Une voiture volante, ni plus ni moins

Il veut maintenant améliorer les banales voitures… pour les faire voler, tout simplement. « Ma voiture volante est quasi finie, confie-t-il à 20 Minutes. Elle vole, mais en morceaux, car elle n’a pas l’autorisation de voler complète. La plateforme vole, le châssis est construit, on attend les autorisations pour faire voler tout ça. On doit y aller étape par étape car c’est un engin autonome, donc il faut apporter beaucoup de preuves pour prouver que ça ne met pas en danger les gens ! »

Quand il aura traversé la Manche, ce sera son prochain objectif : « Poser mes fesses dans ma voiture volante. » Encore un « rêve de gosse » qu’il va réaliser.