Pas de délocalisation pour le Flyboard Air de Franky Zapata? «On a eu de bons retours»

INFO «20 MINUTES» Près d'un mois après son coup de gueule sur Facebook, Franky Zapata se montre nettement plus optimiste. Son départ pour l'étranger n'est plus vraiment d'actualité...

Jean Saint-Marc

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Le «Flyboard Air» est une sorte de skateboard volant, équipé de réacteurs.
Le «Flyboard Air» est une sorte de skateboard volant, équipé de réacteurs. — Xavier Voirol / Breitling SA

Il y a près d’un mois, son coup de gueule faisait le tour du web. L’inventeur marseillais Franky Zapata, créateur d’un skateboard volant révolutionnaire, affirmait « qu’il y avait de très fortes probabilités que le Flyboard Air ne vole plus jamais en France ». Le coup de colère est-il passé ? Ou Franky Zapata prépare son passeport et ses bagages pour s’envoler pour les Etats-Unis ? 20 Minutes lui a passé un coup de fil ce mercredi matin.

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« Vous tombez très bien ! »

Entre deux manips dans son atelier du Rove, c’est avec un grand sourire qu’il nous répond : « Vous tombez très bien ! Depuis hier, on commence à avoir de bons retours des autorités ! Ça s’enclenche dans le bon sens. Tout le monde est en train de prendre conscience que ce n’est pas une machine de kamikaze ! » Tout le monde, c’est surtout la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), avec qui le contact est enfin productif. Franky Zapata espère recevoir rapidement un laissez-passer pour reprendre les essais à Carry-le-Rouet, au-dessus de la mer.

Le porte-parole de la DGAC nous confirme tout ça : « On étudie le dossier. Mais s’il nous fournit tout, il y a aucune raison qu’on refuse de lui accorder un laissez-passer de six mois, pour une zone bien délimitée. » Fournir quoi, exactement ? Des documents très précis, qui listent toutes les pannes possibles et les solutions apportées : quelle pièce prend le relais en cas de panne, par exemple.

Pas de problème pour Franky Zapata, qui évoque même un retour dans les airs aux alentours du 15 avril. « Ça me démange, vous n’imaginez même pas, rigole le casse-cou. Là, on a carrément enfermé le Flyboard Air dans une pièce, ça nous faisait mal au cœur de le voir ! »

Convoqué par les gendarmes

Ce qui lui a aussi fait mal au cœur, c’est cette convocation début mars par la gendarmerie, les empreintes digitales et « les photos en caleçon, comme un criminel ». Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet d’Aix-en-Provence* pour « non-respect des règles minimales de survol et conduite d’un aéronef sans avoir les titres nécessaires ». Ce dossier-là n’est pas réglé, mais Franky Zapata assure « avoir envoyé les documents nécessaires ».

Et le coup des gendarmes, alors ? L’inventeur se dit qu’il s’agit d’un grand malentendu : « Quand t’es un simple citoyen et que tu discutes chaque semaine avec le ministère de l’Economie, avec celui de la Défense… Tu te dis que les mecs, derrière, ils se parlent entre eux. Et non. » Et tu te retrouves au poste, en slip.

« Partir à l’étranger, ce n’était pas un coup de bluff ! Et si j’avais calculé mon coup, je n’aurais pas fait ça un vendredi soir. Ça m’a gâché mon week-end au ski ! »

C’est là que le fantasque inventeur, ancien champion de jet-ski, envisage de délocaliser ses activités. Dans son post Facebook, il affirme qu’on « lui fait des ponts d’or aux quatre coins du monde ».

«On veut que la société reste en France»

Coup de bluff pour faire réagir les autorités ? « Pas du tout, tranche Zapata. J’étais très sérieux, j’avais fait une réunion de crise avec mes salariés, ils étaient prêts à me suivre. Vous savez, on a eu plusieurs propositions, aux Etats-Unis, au Qatar.. Un gros investisseur d’Abu Dhabi nous proposait même 40 millions d’euros », affirme celui qui détient toujours près 60 % des parts de sa société. Le reste appartient à un détenteur de brevet aux Etats-Unis, pour faciliter la commercialisation outre-Atlantique.

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« On est de bons Français, on veut que la société reste en France », insiste Zapata, qui sait très bien jouer sur cette corde sensible. Mais là encore, il affirme ne pas avoir maîtrisé le buzz médiatique : « J’ai fait mon post Facebook sur le coup de la colère, un vendredi soir, avant de partir au ski. Je ne vous raconte pas les coups de fil après, ça m’a gâché mon week-end à la neige en famille ! Si ça avait été calculé, j’aurais fait ça un lundi matin ! »

* Le parquet d’Aix-en-Provence n’a pu répondre à nos questions ce mercredi.